Bassirou Diomaye Faye, Président de la République du Sénégal, coupe le ruban symbolique lors de l’inauguration du parc agro-industriel de Kolda.
Sur le site de Dioulacolon, dans la région de Kolda, le nouveau parc agro-industriel s’impose comme l’un des projets structurants de la stratégie de transformation économique du Sénégal. Portée par le Projet Agropole Sud, l’infrastructure s’étend sur 15 hectares dont 5 déjà aménagés, avec une vocation clairement industrielle et territoriale. Elle s’inscrit dans un programme national de pôles agro-industriels déployé dans huit zones du pays, visant à rapprocher la production agricole des unités de transformation et des marchés.
Le site comprend une zone logistique équipée d’un quai de chargement et de déchargement, un atelier mécanique, un pont bascule, un hangar de stockage d’une capacité de 3 600 tonnes ainsi qu’une chambre froide de 220 tonnes. À cela s’ajoute un espace entreprises de 2 hectares extensibles destiné à accueillir des PME et unités privées de transformation, un bloc technique doté d’un forage de 70 m³ par heure et d’un château d’eau de 150 m, ainsi qu’une zone administrative dédiée à la gestion des activités. Ces équipements traduisent une volonté d’intégration complète de la chaîne de valeur agricole.
Selon les autorités sénégalaises, le financement de 2,32 milliards FCFA assuré par la Banque islamique de développement s’inscrit dans une logique de soutien à l’industrialisation rurale. Dans le pôle Sud, neuf parcs agro-industriels sont en cours de réalisation, avec pour objectif de structurer durablement les filières agricoles locales. Le gouvernement estime que le Projet Agropole Sud pourrait générer environ 14 500 emplois directs et 35 000 emplois indirects, un levier important pour une région où l’économie reste fortement dépendante de l’agriculture traditionnelle.
Lors de l’inauguration, le Président Bassirou Diomaye Faye a insisté sur la portée stratégique de ce type d’infrastructures. Il a souligné que l’enjeu ne se limite plus à produire, mais à transformer localement, mieux stocker, mieux commercialiser et attirer davantage d’investissements au niveau des bassins de production. Cette approche vise à renforcer la valeur ajoutée locale et à réduire les pertes post-récolte, encore élevées dans plusieurs filières agricoles du pays selon les données de la FAO, estimées parfois entre 15 % et 30 % dans les chaînes de production africaines.
Dans une perspective plus large, cette dynamique s’inscrit dans la stratégie nationale de souveraineté alimentaire et de rééquilibrage territorial. Le gouvernement entend réduire les disparités régionales en développant des pôles économiques hors des grandes capitales, tout en renforçant la compétitivité du secteur agroalimentaire. Le parc de Kolda apparaît ainsi comme un outil de transformation structurelle, destiné à connecter agriculture, industrie et emploi.
Pour les acteurs économiques locaux, ce type d’infrastructure représente également une opportunité de formalisation et de montée en gamme des productions agricoles. En facilitant l’accès au stockage, à la transformation et à la logistique, le parc pourrait contribuer à structurer un tissu entrepreneurial local plus résilient et mieux intégré aux chaînes de valeur nationales et régionales.



