De gauche à droite : Jean-Pascal Nkou, Directeur général de l’Agence de Régulation du Secteur de l’Électricité (ARSEL), et Patrice Melom, Directeur général du Port autonome de Kribi (PAK).
Au cœur des discussions figure un enjeu majeur : la montée en puissance énergétique du complexe industrialo-portuaire de Kribi, appelé à devenir l’un des principaux hubs logistiques d’Afrique centrale. Selon les projections présentées par le Port autonome de Kribi (PAK), les besoins en électricité de la plateforme pourraient atteindre environ 450 MW à l’horizon 2030, sous l’effet combiné de l’expansion industrielle et de l’augmentation des trafics portuaires.
Dans ce contexte, le PAK a exprimé ses préoccupations relatives à la qualité du service électrique, à la stabilité de l’approvisionnement et au niveau des coûts supportés par les opérateurs installés dans la zone. L’enjeu est de taille : la compétitivité du port dépend directement de la fiabilité de son infrastructure énergétique, considérée comme un facteur déterminant pour attirer les investissements industriels.
Le PAK et sa filiale, la Kribi Power Development Company (KPDC), ont rappelé leur volonté de mobiliser l’ensemble des leviers juridiques et réglementaires disponibles afin de garantir une fourniture d’électricité stable, compétitive et conforme aux standards attendus par les investisseurs. Les deux entités soulignent que la performance énergétique constitue un pilier central de la compétitivité de la plateforme portuaire.
Cette démarche s’inscrit dans une logique plus large de consolidation de l’attractivité économique de Kribi, alors que le port multiplie les projets d’expansion et de diversification de ses activités industrielles et logistiques.
En réponse, l’ARSEL a présenté plusieurs pistes d’ajustement conformes au cadre réglementaire en vigueur. L’autorité de régulation a insisté sur la nécessité de solutions concertées, associant l’ensemble des acteurs du secteur électrique, notamment la SOCADEL et la SONATREL, afin d’assurer une cohérence globale de la chaîne d’approvisionnement.
L’approche privilégiée repose sur un mécanisme de coordination renforcée entre production, transport et distribution de l’énergie, dans un contexte où la demande industrielle connaît une croissance rapide, particulièrement dans les zones économiques spéciales.
Cette séance de travail s’inscrit dans une dynamique plus large de structuration de l’écosystème énergétique autour des grands pôles industriels du pays. Le développement du port de Kribi, soutenu par des investissements massifs en infrastructures, impose une adaptation continue du réseau électrique national afin de répondre à des besoins en forte progression.
En 2025, la plateforme portuaire a confirmé son rôle croissant dans les échanges commerciaux du pays, avec une augmentation soutenue des volumes traités, renforçant ainsi la pression sur les infrastructures de soutien, notamment énergétiques.
Au-delà des aspects techniques et réglementaires, les échanges entre l’ARSEL et le PAK traduisent une volonté commune : garantir la compétitivité de la zone industrialo-portuaire de Kribi dans un environnement régional de plus en plus concurrentiel. L’électricité apparaît désormais comme un facteur clé de performance économique, au même titre que les infrastructures portuaires et logistiques.
Les parties prenantes ont convenu de poursuivre les concertations dans le cadre d’une réunion technique élargie, associant les principaux acteurs du secteur énergétique, afin d’approfondir les solutions envisageables et de consolider un modèle durable d’approvisionnement.



