Charles Mba, nouveau président du Conseil d’administration du Fonds gabonais d’investissements stratégiques (FGIS).
Le Gabon confie les rênes de son principal bras financier stratégique à une figure expérimentée des finances publiques. À l’issue du Conseil des ministres du 22 mai 2026, Charles Mba a officiellement été désigné président du Conseil d’administration du Fonds gabonais d’investissements stratégiques (FGIS), le fonds souverain chargé de porter les investissements structurants de l’État gabonais. Cette nomination intervient à un moment clé pour Libreville, engagé dans une nouvelle phase de transformation économique visant à réduire sa dépendance historique aux hydrocarbures.
Âgé de 72 ans, Charles Mba possède un parcours étroitement lié aux finances publiques et à la gestion budgétaire. Expert-comptable de formation, il a occupé plusieurs fonctions stratégiques au sein de groupes internationaux comme Elf et Total avant de rejoindre l’administration gabonaise. Ancien directeur général des marchés publics, sénateur puis ministre des Comptes publics et de la Dette dans le gouvernement de transition dirigé par le général Brice Clotaire Oligui Nguema, il apparaît comme l’un des profils les plus aguerris de l’appareil économique gabonais.
Son arrivée à la tête du FGIS intervient alors que le fonds souverain traverse une phase de repositionnement stratégique. Créé en 2012, le FGIS a pour mission de financer les secteurs prioritaires de l’économie nationale à travers des prises de participation, des investissements directs et des véhicules de financement spécialisés. L’institution joue aujourd’hui un rôle central dans la politique de diversification économique du pays, notamment dans les infrastructures, l’énergie, les mines, l’agriculture, le numérique ou encore la transformation locale des matières premières.
Les défis restent toutefois importants. Selon les comptes publiés par le FGIS, le total du bilan a progressé de 19 % en 2024 pour atteindre 14,038 milliards FCFA. Mais le résultat net demeure déficitaire avec une perte estimée à 866 millions FCFA, principalement liée à des provisions sur certaines créances jugées à risque. Dans ce contexte, Charles Mba devra renforcer les mécanismes de gouvernance financière, améliorer la rentabilité des investissements et réduire
Cette nomination intervient également au moment où les autorités gabonaises affichent des ambitions économiques élevées dans le cadre du Plan national de croissance et de développement (PNCD) 2026-2030. Le gouvernement vise un taux d’investissement global de 37,5 % du PIB à l’horizon 2030 contre 32,7 % attendus dès 2026. Pour atteindre cet objectif, Libreville prévoit le déploiement de 293 projets structurants évalués à plus de 4 500 milliards FCFA.
Dans cette architecture économique, le FGIS apparaît comme un levier essentiel de mobilisation des capitaux. Selon les données publiées par l’institution en 2025, le fonds gérait un portefeuille d’actifs estimé à près de 1,89 milliard de dollars, soit plus de 1 000 milliards FCFA. Les investissements ciblent prioritairement les infrastructures routières et ferroviaires, les équipements énergétiques, les projets immobiliers ainsi que la transformation industrielle du bois et du manganèse, deux filières considérées comme stratégiques pour l’avenir du pays.
À travers la nomination de Charles Mba, le pouvoir gabonais cherche ainsi à consolider la crédibilité financière de son fonds souverain et à renforcer sa capacité à accompagner la mutation économique du pays. Dans un contexte africain marqué par la concurrence accrue pour les capitaux et les investissements, le FGIS devra désormais démontrer sa capacité à transformer les ambitions de diversification en résultats économiques durables.



