Le retour aux prix d’avant décembre 2025 marque un nouveau tournant pour les automobilistes sénégalais. Depuis le 15 août, le litre de supercarburant coûte 990 FCFA, contre 920 auparavant, tandis que le gasoil atteint 755 FCFA, contre 680. Soit des hausses respectives de 70 et 75 FCFA. Les tarifs du gaz domestique et de l’essence destinée aux pirogues restent, eux, inchangés.
Cette décision intervient après plusieurs mois durant lesquels l’État a absorbé une partie du choc pétrolier pour préserver le pouvoir d’achat. La baisse du 6 décembre 2025 avait ramené le supercarburant de 990 à 920 FCFA et le gasoil de 755 à 680 FCFA. Avec le nouveau barème, les prix reviennent donc à leur niveau antérieur.
La pression vient cette fois du marché international. Selon les autorités sénégalaises, le conflit au Moyen-Orient déclenché le 28 février 2026 a provoqué une forte progression des cours des produits pétroliers, avec des hausses annoncées de 61 % pour le supercarburant et de 69 % pour le gasoil depuis le début des hostilités. Plusieurs économies, dont la Côte d’Ivoire, le Mali, le Burkina Faso, l’Inde et la Chine, ont également procédé à des ajustements.
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Pour Dakar, l’arbitrage est aussi budgétaire. Depuis le début de 2026, plus de 245 milliards de FCFA auraient déjà été mobilisés en subventions pour les carburants. Le maintien des anciens tarifs entre le 15 août et le 12 septembre aurait nécessité 47 milliards supplémentaires. Sans révision, la facture énergétique aurait pu atteindre 1 069 milliards de FCFA sur l’ensemble de l’année, contre une enveloppe de 250 milliards prévue au budget. Source : gouvernement du Sénégal ; documents budgétaires 2026. Le budget initial prévoit par ailleurs 6 188,8 milliards de FCFA de recettes et 7 433,9 milliards de dépenses.
Même après la hausse, l’État continue de subventionner chaque litre vendu. Le coût réel d’importation est évalué à environ 1 019 FCFA pour le supercarburant et 1 044 FCFA pour le gasoil. Le nouveau prix à la pompe reste donc inférieur au coût de revient, ce qui permet au gouvernement de présenter la mesure comme un ajustement partiel plutôt qu’un désengagement complet.
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L’exécutif estime que la révision doit réduire d’environ 9,7 milliards de FCFA la charge mensuelle liée aux subventions, tout en maintenant le Sénégal parmi les pays où le gasoil demeure relativement abordable en Afrique de l’Ouest. Les données historiques de la BCEAO montrent d’ailleurs que les anciens tarifs sénégalais de 990 FCFA pour l’essence et 755 FCFA pour le gasoil figuraient déjà parmi les niveaux observés dans l’UEMOA.
Pour amortir le choc sur les ménages, Dakar promet enfin de maintenir ses mécanismes de protection sociale, notamment la Bourse nationale de sécurité familiale. La hausse des carburants ouvre ainsi une équation délicate : contenir l’inflation et protéger les revenus sans laisser les subventions énergétiques absorber les marges budgétaires dont l’État a besoin pour financer ses priorités.
Sorelle Ninguem



