À New York, le Sénégal accélère la transformation de son industrie pétrolière. La Société africaine de raffinage (SAR), contrôlée majoritairement par l’État, et Yamata ont conclu un protocole d’accord pour une nouvelle unité de 4 millions de tonnes par an. L’investissement est estimé entre 2 et 3 milliards de dollars (1 150 à 1 730 milliards de FCFA). Conçue pour traiter le brut du champ offshore de Sangomar, elle pourra également recevoir différents bruts internationaux.
Yamata doit assurer l’ingénierie, les achats et la construction (EPC), ainsi que la mobilisation des financements auprès de partenaires, sans garantie souveraine de l’État annoncée. Le protocole ouvre la phase des études d’ingénierie de détail, avant le chantier. Le calendrier des travaux et les modalités économiques restent à préciser.
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L’accord comprend aussi la modernisation de la raffinerie de Mbao, exploitée par la SAR, pour 300 à 500 millions de dollars, soit environ 170 à 290 milliards de FCFA. L’ensemble relève de SAR 2.0, lancé en 2023 pour porter la capacité nationale de 1,5 à 5,5 millions de tonnes et préparer un complexe pétrochimique. Sources : APS, Le Soleil, Forbes Afrique.
Pour Dakar, l’enjeu est commercial. Entre 2021 et 2025, le Sénégal a importé en moyenne 3,45 millions de tonnes de produits pétroliers finis par an, pour une facture proche de 1 480 milliards de FCFA. En 2025, ces produits ont représenté 18,8 % des importations, avec une valeur de 1 371,3 milliards de FCFA, contre 1 592,3 milliards en 2024. La Russie représentait 29 % des approvisionnements, devant les Émirats arabes unis (12,7 %) et l’Espagne (9,6 %).
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Le paradoxe d’un producteur de brut demeurant importateur de carburants explique l’ambition du projet. En 2025, Dakar a exporté 1 528 milliards de FCFA de pétrole brut et 860,6 milliards de produits pétroliers raffinés. La nouvelle unité doit accroître la transformation locale, réduire les importations et créer des excédents pour les marchés ouest-africains. Le projet doit aussi soutenir l’ingénierie, la maintenance, la logistique et la pétrochimie.
Sorelle Ninguem



