En 2025, au Cameroun, les importations de vin ont atteint 9 991 tonnes pour une valeur de 13,4 milliards de FCFA, selon l’Institut national de la statistique (INS). Enregistrées sur l’ensemble du territoire national, ces opérations, en hausse par rapport à 2024, reflètent une demande soutenue sur le marché intérieur et une évolution des flux commerciaux.
Sur le marché camerounais des boissons alcoolisées, le vin importé confirme sa progression en 2025. Les données publiées par l’INS indiquent un volume de 9 991 tonnes, contre 7 277 tonnes un an plus tôt, soit une hausse de 37,3%. En valeur, la facture passe d’un peu plus de 10 milliards de FCFA en 2024 à 13,4 milliards de FCFA en 2025, enregistrant une progression de 31,4%. Cet écart entre volumes et dépenses suggère une évolution du mix produit ou une relative modération des prix moyens à l’importation.
Dans les circuits de distribution, cette dynamique s’explique par la montée de la consommation urbaine, le développement de la grande distribution et l’essor des établissements hôteliers et de restauration. Le vin importé s’impose progressivement comme un produit de plus en plus présent dans les habitudes de consommation, notamment dans les grandes villes comme Douala et Yaoundé, où la demande est tirée par une clientèle diversifiée.
L’INS ne précise pas l’origine exacte des cargaisons pour 2025. Toutefois, les données du Trade Data Monitor, plateforme spécialisée dans le suivi du commerce mondial, montrent que le marché camerounais reste historiquement dominé par les fournisseurs européens. En 2022, la France représentait à elle seule plus de 71% des importations de vin du pays, suivie de l’Espagne avec 13,5% et de la Belgique avec 9,2%.
Depuis, la structure des approvisionnements tend à évoluer. Les vins italiens ont notamment gagné du terrain sur le marché camerounais, enregistrant une croissance de plus de 75% en 2022 sur un an. Cette progression s’explique en partie par le renforcement des actions de promotion commerciale menées par les représentations diplomatiques et les acteurs du secteur, visant à diversifier les débouchés en Afrique centrale.
Dans un environnement où les importations de produits agroalimentaires restent fortement dépendantes des fournisseurs européens, la tendance observée en 2025 confirme la solidité du segment du vin importé. Celui-ci demeure porté par une demande relativement stable, malgré les contraintes macroéconomiques et les tensions sur le pouvoir d’achat.
Au-delà des chiffres, cette évolution met en lumière la structuration progressive d’un marché de niche mais en expansion, soutenu par la distribution moderne et les circuits formels. Elle souligne également la sensibilité du Cameroun aux importations de produits de consommation courante, dans un contexte où la diversification de l’offre reste largement tributaire des flux extérieurs.
Au final, les 13,4 milliards de FCFA enregistrés en 2025 traduisent moins une rupture qu’une consolidation de la consommation de vin importé, dans un marché encore largement façonné par les producteurs européens et leurs stratégies de positionnement en Afrique centrale.



