Le Cameroun renforce son arsenal en faveur de la substitution aux importations. Le 18 août 2026, le ministère du Commerce (Mincommerce) et la Banque camerounaise des petites et moyennes entreprises (BC-PME) ont conclu un partenariat destiné à financer les PME impliquées dans la transformation, le conditionnement, le stockage, la logistique et la distribution des produits alimentaires locaux. Dotée de 400 millions de FCFA, cette enveloppe, inscrite au budget 2026 du Mincommerce puis transférée à la BC-PME, vise à combler l’un des principaux maillons faibles des filières agricoles : l’accès au marché.
Au-delà du financement, le dispositif prévoit un accompagnement technique des entreprises engagées dans le Plan intégré agropastoral et halieutique de substitution aux importations (PIISAH). Les filières ciblées regroupent notamment le riz, le maïs, la farine de blé, l’huile de palme et le lait, des produits dont le Cameroun demeure fortement dépendant des importations. L’ambition est de structurer des réseaux de distribution capables d’assurer un approvisionnement régulier, une meilleure conservation des produits et une présence plus compétitive sur l’ensemble du territoire.
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Cette initiative intervient dans un contexte marqué par une forte progression des importations alimentaires. Selon l’Institut national de la statistique (INS), le Cameroun a consacré 543,7 milliards de FCFA à l’importation de céréales en 2024, soit une hausse de 40,3 % par rapport à l’année précédente. Les achats de riz ont atteint 318,6 milliards de FCFA, tandis que ceux de blé se sont élevés à 214,1 milliards de FCFA. Au premier trimestre 2025, les céréales représentaient 11,2 % des importations nationales, dont 7,1 % pour le riz et 3,8 % pour le blé.
Les déséquilibres concernent plus largement le commerce extérieur. D’après l’INS, le déficit commercial du Cameroun s’est aggravé de 22,8 % en 2025 pour atteindre 2 145,2 milliards de FCFA, contre 1 747,3 milliards un an plus tôt, alors que les importations globales progressaient encore de 4,6 %. Pour les autorités, développer la production nationale sans renforcer les capacités de stockage, de transport et de commercialisation limiterait l’impact des investissements consentis dans les filières agricoles et agroalimentaires.
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Le ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana, estime que cette convention doit faire du commerce un véritable levier de transformation économique. Selon lui, la compétitivité des produits locaux dépend autant de leur qualité que de leur disponibilité, de leur traçabilité et de leur capacité à atteindre les consommateurs dans des conditions concurrentielles. Le partenariat avec la BC-PME doit ainsi favoriser l’émergence d’entreprises capables d’intégrer durablement les chaînes de valeur nationales.
Inscrit dans la Stratégie nationale de développement 2020-2030 (SND30), le PIISAH, qui couvre la période 2024-2026, demeure l’un des principaux instruments de la politique camerounaise de réduction de la dépendance aux importations alimentaires. En associant financement, accompagnement des PME et structuration des circuits de distribution, le gouvernement entend créer les conditions d’une meilleure valorisation de la production locale, tout en réduisant progressivement la facture des importations et en renforçant la sécurité alimentaire du pays.
Esther Grace



