(LVDE) – Réunis les 25 et 26 mai 2026 à Douala, les administrations camerounaises en charge du transport, des douanes et des activités portuaires ont examiné les contours du futur Guichet unique maritime (GUM). Cette plateforme numérique vise à centraliser les formalités liées aux escales des navires, à réduire les délais de traitement et à renforcer la compétitivité des ports de Douala et de Kribi.
Le Cameroun veut franchir un nouveau cap dans la modernisation de son commerce extérieur. À Douala, principal poumon économique du pays, les travaux du comité interministériel consacrés à la mise en place du Guichet unique maritime (GUM) ont mis en lumière une ambition claire : simplifier les procédures portuaires, accélérer le passage des navires et renforcer l’attractivité des infrastructures maritimes nationales dans un environnement régional de plus en plus concurrentiel.
Concrètement, le futur dispositif doit permettre de centraliser sur une même plateforme numérique l’ensemble des formalités administratives liées aux escales des navires. Aujourd’hui, armateurs, transitaires, autorités portuaires, services douaniers, police des frontières et autres administrations interviennent souvent à travers des procédures distinctes, générant des doublons, des délais supplémentaires et des coûts additionnels. Le Guichet unique maritime entend mettre fin à cette fragmentation en favorisant une circulation fluide et sécurisée des informations entre tous les acteurs de la chaîne logistique.
L’un des principaux objectifs affichés est la réduction du temps de traitement des escales à moins de 24 heures. Une performance devenue un standard dans plusieurs places portuaires compétitives à travers le monde. Pour les opérateurs économiques, chaque heure gagnée représente une baisse des coûts logistiques et une amélioration de la fluidité des échanges commerciaux. Dans un contexte où le commerce international repose de plus en plus sur la rapidité et la prévisibilité des opérations, la digitalisation apparaît comme un levier incontournable de compétitivité.
Cette réforme s’inscrit également dans les engagements internationaux du Cameroun. Le pays est signataire de plusieurs conventions maritimes qui encouragent la dématérialisation des procédures portuaires et l’échange électronique des données. Le Guichet unique maritime répond ainsi aux recommandations de l’Organisation maritime internationale visant à harmoniser et simplifier les formalités administratives dans les ports afin de faciliter le commerce mondial.
Pour les autorités camerounaises, l’enjeu dépasse la seule question administrative. Il s’agit également de consolider la position des ports de Douala et de Kribi dans la compétition logistique régionale. Alors que plusieurs pays africains investissent massivement dans leurs infrastructures portuaires et numériques, la qualité des services devient un facteur déterminant pour attirer les armateurs internationaux et les flux commerciaux. Le port de Kribi, avec ses installations en eaux profondes, et celui de Douala, principal point d’entrée des marchandises dans la sous-région, sont directement concernés par cette transformation.
Présidant l’ouverture des travaux, Mveimani Sombo Amba a qualifié le projet de « tournant décisif » pour le système portuaire national. Selon lui, l’évolution du commerce international impose désormais des exigences accrues en matière de rapidité, de traçabilité et d’efficacité, auxquelles le Cameroun doit s’adapter pour préserver sa compétitivité.
Au-delà de la modernisation des procédures, le Guichet unique maritime pourrait contribuer à améliorer la transparence des opérations, réduire les risques de fraude documentaire et optimiser les recettes liées aux activités portuaires. À terme, cette plateforme est appelée à devenir l’un des piliers de la transformation numérique du commerce extérieur camerounais, avec pour ambition de rapprocher les performances logistiques du pays des standards internationaux.



