Le corridor Douala–Bangui franchit une nouvelle étape dans sa transformation. Le ministère des Travaux publics (MINTP) a publié l’Avis général de passation des marchés du Programme d’Aménagement du Corridor Économique Douala–Bangui (PACE-DB), marquant le lancement de la phase opérationnelle d’un projet stratégique destiné à renforcer les infrastructures de transport et la compétitivité logistique de l’Afrique centrale.
Soutenu par la Banque mondiale à hauteur de 362,9 millions d’euros, soit environ 425 millions de dollars, le programme prévoit une série d’interventions allant de la reconstruction routière au développement d’infrastructures logistiques, en passant par les études techniques, environnementales et les missions de contrôle. L’objectif affiché est de moderniser un corridor essentiel aux échanges entre le Cameroun, la République centrafricaine et plus largement la sous-région CEMAC.
La première composante majeure du projet concerne la Nationale 3, avec la reconstruction de la section Yaoundé–Edéa sur un linéaire de 164 km. Les travaux porteront notamment sur la réhabilitation complète de la chaussée, l’aménagement de créneaux de dépassement en 2×2 voies, la sécurisation des zones accidentogènes ainsi que la correction de plusieurs points critiques de l’itinéraire.
Le programme prévoit également la construction et la digitalisation de deux stations de pesage afin d’améliorer le contrôle des poids lourds, limiter la dégradation prématurée des infrastructures et renforcer la sécurité du transport routier sur cet axe à fort trafic.
Au-delà du volet routier, le PACE-DB ambitionne de structurer un véritable écosystème logistique autour du corridor Douala–Bangui. Plusieurs cabinets seront recrutés pour assurer le contrôle et la supervision des travaux, tandis que des études techniques et environnementales seront conduites sur l’itinéraire Yaoundé–Ayos–Bonis–Bertoua–Garoua-Boulaï, qui constitue un prolongement stratégique vers la frontière centrafricaine.
Le projet intègre aussi une dimension technologique avec le déploiement de systèmes intelligents d’aide à la conduite pour les transporteurs, ainsi que le renforcement du système national d’entretien routier. Des investissements sont également prévus pour améliorer l’accès aux zones agricoles et industrielles grâce à l’aménagement de routes de desserte.
Dans une perspective de développement régional, le Cameroun prévoit par ailleurs des études relatives à la création de plateformes logistiques et d’infrastructures multimodales capables d’accompagner l’augmentation des flux commerciaux entre le port de Douala et les économies enclavées d’Afrique centrale.
À travers ce programme, Yaoundé cherche à consolider son rôle de hub logistique régional et à réduire les coûts de transport qui pèsent sur les échanges commerciaux. Le corridor Douala–Bangui représente en effet un axe majeur pour l’approvisionnement de la République centrafricaine et pour la circulation des marchandises dans la sous-région.
Avec la publication de l’Avis général de passation des marchés, le projet entre dans une phase décisive avant le lancement effectif des différents contrats. L’enjeu pour le gouvernement camerounais sera désormais de transformer ces ressources financières en infrastructures durables capables de soutenir l’intégration économique régionale et la croissance des activités industrielles et commerciales.
Esther Grace



