Le rail camerounais amorce une nouvelle phase de son développement. Réuni le 24 juillet à Yaoundé lors de la 48ᵉ session du Comité interministériel des infrastructures ferroviaires (Comifer), le ministre des Transports, Jean Ernest Masséna Ngallé Bibéhè, a dévoilé un programme d’investissements de 350 milliards de FCFA destiné à redonner un nouvel élan au réseau national. Au-delà de la rénovation des voies, le gouvernement entend faire du chemin de fer un moteur de compétitivité pour les entreprises, un vecteur d’intégration régionale et un outil d’accompagnement des futurs projets miniers.
Les priorités portent sur le déploiement du deuxième Programme quinquennal (PQ2), qui prévoit le renouvellement des axes stratégiques Douala-Yaoundé, Bélabo-Ngaoundéré et du corridor vers N’Djamena. Les autorités veulent accélérer les procédures du Projet de renouvellement Bélabo-Ngaoundéré (PRBN), lancer les marchés encore en attente et finaliser le transfert des acquis du premier Programme quinquennal (PQ1). La sécurisation de la carrière de Baka, appelée à fournir les ballasts et traverses nécessaires aux chantiers, s’inscrit également dans cette stratégie de renforcement du contenu local.
Cette ambition repose sur un important concours des partenaires financiers. La réhabilitation des 238 kilomètres entre Douala et Yaoundé bénéficie d’un financement de 152 milliards de FCFA de la Banque mondiale. Les 330 kilomètres reliant Bélabo à Ngaoundéré sont, pour leur part, financés à hauteur de 167,3 milliards de FCFA par la Banque européenne d’investissement (BEI), l’Union européenne et l’Agence française de développement (AFD). Les acquisitions de rails, d’appareils de voie et de matériel roulant progressent parallèlement.
Le renouveau du rail doit également accompagner la montée en puissance du secteur minier. Les échanges entre Camrail et Camalco visent à encadrer le transport de la bauxite de Minim-Martap vers le port de Douala sans perturber le trafic conventionnel. Sept locomotives poursuivent actuellement leurs essais dynamiques avant la mise en exploitation des convois miniers.
Le Comifer a enfin examiné la mise en conformité de la convention de concession avec la loi ferroviaire de 2023, la sécurisation des emprises et l’évolution du projet de liaison Cameroun-Tchad. Encore en discussion entre Yaoundé et N’Djamena, ce corridor est appelé à renforcer les échanges commerciaux et à consolider le rôle du Cameroun comme plateforme logistique de l’Afrique centrale.
Esther Grace



