L’entrée de Renaprov Finance à la Bourse des valeurs mobilières de l’Afrique centrale (BVMAC) reste suspendue à des éclaircissements. Dans un communiqué publié le 30 septembre 2026, l’établissement camerounais de microfinance revient sur le contentieux foncier signalé par le marché financier régional et dont l’absence dans son prospectus d’introduction avait suscité des réserves. La société chiffre désormais à 55 millions de FCFA la valeur comptable du terrain contesté et soutient qu’une éventuelle décision judiciaire défavorable n’aurait qu’un effet marginal sur son patrimoine. Une réponse qui précise l’exposition comptable, sans épuiser les questions soulevées par le dossier.
Selon Renaprov, le terrain figure dans les comptes certifiés de l’exercice 2025 à son prix d’acquisition de 2011, sans réévaluation. Les 55 millions de FCFA représenteraient environ 0,5 % du total du bilan à fin décembre 2025. Mais cette donnée ne renseigne ni sur la valeur actuelle du bien, ni sur le montant des prétentions de la partie adverse, ni sur les éventuels frais liés à la procédure. Le différend oppose l’établissement à Martin Joël Mbia Essama. Renaprov affirme avoir obtenu plusieurs décisions judiciaires en sa faveur, tout en reconnaissant que le dossier demeure pendant devant les juridictions compétentes. Les dates et la portée de ces décisions ne sont toutefois pas détaillées dans son communiqué.
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La question de la transparence documentaire demeure centrale. À la page 64 du prospectus visé par la COSUMAF le 15 décembre 2025, l’établissement indiquait ne pas avoir enregistré de contentieux ou de litiges, sous certaines réserves. Le communiqué du 30 septembre ne précise ni pourquoi le différend n’avait pas été signalé aux investisseurs, ni à quel moment la direction en avait eu connaissance. Or, dans une opération d’appel public à l’épargne, l’information sur les risques susceptibles d’affecter l’émetteur constitue un élément déterminant pour l’appréciation des souscripteurs.
Le 5 août 2026, le comité d’admission et de développement de la BVMAC avait décidé de ne pas autoriser « en l’état » l’introduction de Renaprov. Outre le litige foncier, il avait demandé des précisions sur l’opportunité d’une cotation au compartiment E-PME, avec le recrutement d’un Listing Sponsor agréé par la COSUMAF, ainsi que sur l’agrément du commissaire aux comptes ayant certifié les états financiers présentés. Sur ce dernier point, le communiqué de Renaprov ne fournit pas de réponse.
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L’opération avait pourtant franchi une étape technique le 30 juin 2026, avec l’admission des titres aux mécanismes du Dépositaire central unique. L’avis publié par la BVMAC le 21 juillet mentionnait 52 019 actions à 21 000 FCFA l’unité, soit 1,092 milliard de FCFA. Ce montant doit être distingué du projet initial présenté dans le document d’information visé par la COSUMAF : celui-ci portait sur 400 000 actions et une levée potentielle de 8,4 milliards de FCFA. L’inscription au dépositaire ne valait cependant pas admission effective à la cote.
À la suite d’une réunion tenue le 17 septembre au siège de la BVMAC, à Douala, Renaprov évoque une admission prochaine au compartiment E-PME. La décision du comité prévoyait un accompagnement par un Listing Sponsor pendant un à deux ans. L’établissement annonce pour sa part un accompagnement d’au moins douze mois, sans en révéler l’identité ni communiquer de date de première cotation. Le réexamen du dossier reste donc conditionné à la transmission des clarifications demandées. Pour Renaprov, l’enjeu dépasse désormais la seule valorisation d’un terrain : il s’agit aussi de documenter la qualité de l’information communiquée aux investisseurs et de satisfaire aux exigences de la place boursière régionale.
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Tressy Chouente



