Le Gabon accélère sa stratégie de souveraineté alimentaire en misant sur le développement de la production locale de volaille. Dans cette perspective, le partenariat engagé avec le groupe Noutchogouin Jean Samuel marque une nouvelle étape dans la restructuration de la filière avicole nationale. Le projet prévoit la création d’une ferme intégrée dotée d’unités de production, d’élevage, d’alimentation animale et de transformation, avec un investissement annoncé de 10 milliards de FCFA.
Cette initiative intervient dans un contexte où plusieurs pays d’Afrique centrale cherchent à limiter leur dépendance aux importations alimentaires, devenues coûteuses sous l’effet des tensions logistiques internationales et de la hausse des prix des matières premières. Au Gabon, la consommation de viande de volaille progresse régulièrement sous l’effet de la croissance urbaine et de l’évolution des habitudes alimentaires, alors que la production locale demeure insuffisante pour satisfaire la demande intérieure.
Le groupe Noutchogouin Jean Samuel, plus connu sous l’acronyme NJS, figure parmi les principaux opérateurs agro-industriels du Cameroun dans les domaines de l’aviculture et de l’alimentation animale. Son modèle intégré, combinant élevage, production de poussins, fabrication d’aliments et distribution, a progressivement renforcé sa présence sur le marché sous-régional. À travers ce projet gabonais, l’entreprise entend exporter son savoir-faire industriel au-delà du Cameroun et consolider sa présence en Afrique centrale.
Selon les premières orientations du projet, la future infrastructure devrait intégrer plusieurs maillons de la chaîne de valeur avicole, notamment les couvoirs, les unités d’engraissement, les installations de stockage et les équipements de transformation. Les autorités gabonaises misent sur cette approche intégrée pour réduire les coûts de production et améliorer la disponibilité du poulet sur le marché local. Cette stratégie vise également à limiter la pression des importations sur les réserves en devises du pays.
Au-delà de l’enjeu alimentaire, les retombées économiques attendues concernent également l’emploi et le développement rural. Le projet pourrait générer plusieurs centaines d’emplois directs et indirects dans les activités d’élevage, de logistique, de distribution et de transformation agroalimentaire. Les spécialistes du secteur soulignent par ailleurs que l’essor de l’aviculture constitue un levier de diversification économique dans des économies encore fortement dépendantes des ressources extractives.
Cette offensive industrielle intervient dans un contexte continental marqué par une volonté croissante de développer des chaînes de valeur agricoles locales. Plusieurs États africains cherchent désormais à renforcer leurs capacités de production afin de réduire la dépendance alimentaire extérieure et stimuler l’industrialisation agroalimentaire. Le Gabon, longtemps dépendant des importations pour une part importante de sa consommation alimentaire, entend ainsi repositionner progressivement l’agriculture et l’élevage parmi les secteurs prioritaires de son économie.
La réussite du projet dépendra toutefois de plusieurs paramètres structurels : disponibilité des intrants, maîtrise des coûts énergétiques, qualité des infrastructures logistiques et stabilité des approvisionnements en matières premières destinées à l’alimentation animale. Malgré ces défis, l’investissement du groupe Noutchogouin Jean Samuel apparaît déjà comme l’un des projets avicoles privés les plus significatifs engagés récemment en Afrique centrale.



