Libreville passe à l’offensive contre l’exploitation aurifère illégale. Le gouvernement gabonais a décidé de suspendre temporairement les activités de recherche et d’exploitation de l’or à petite échelle sur l’ensemble du territoire national. Officialisée le 23 juin 2026 par le ministère des Mines et des Ressources géologiques, cette mesure traduit la volonté des autorités de reprendre le contrôle d’un secteur considéré comme stratégique pour la diversification de l’économie nationale.
Selon le communiqué signé par le Général de division Adolphe Yonghan, secrétaire général du ministère des Mines, cette suspension vise à permettre un « assainissement complet du secteur aurifère national ». La décision intervient à la suite du démantèlement d’un vaste réseau d’exploitation clandestine dans la province de la Ngounié, située à environ 450 kilomètres au sud de Libreville. Les investigations menées conjointement avec les forces de défense ont révélé l’existence de plusieurs sites opérant en marge de la réglementation nationale.
Les autorités indiquent que ces activités illicites impliquaient notamment des ressortissants étrangers et occasionnaient des pertes importantes pour l’État. Au-delà du manque à gagner fiscal, le gouvernement évoque également des impacts environnementaux significatifs ainsi que des atteintes à l’ordre public dans certaines zones minières.
Cette suspension s’inscrit dans une stratégie plus large de restructuration du secteur extractif gabonais. Longtemps dépendant des revenus pétroliers et du manganèse, le pays cherche désormais à développer de nouvelles sources de croissance. Dans cette perspective, l’or apparaît comme l’un des principaux relais de diversification économique.
Les ambitions affichées sont importantes. Les autorités gabonaises souhaitent notamment doubler la production nationale d’or afin d’atteindre près de 800 kilogrammes par an. Pour y parvenir, Libreville mise sur un meilleur encadrement des exploitants, un renforcement des mécanismes de traçabilité et une amélioration de la collecte des recettes fiscales générées par l’activité aurifère.
Durant la période de suspension, aucune activité relevant de la petite mine ne pourra être exercée sans autorisation préalable du ministère des Mines. Les services compétents, en collaboration avec les forces de sécurité, ont reçu pour mission de veiller au respect strict de cette mesure sur l’ensemble du territoire.
Cette décision pourrait avoir des répercussions sur plusieurs opérateurs actifs dans le secteur, mais le gouvernement estime que les bénéfices à long terme l’emportent sur les perturbations temporaires. L’objectif est de bâtir une filière plus transparente, capable d’attirer davantage d’investissements tout en garantissant une meilleure redistribution des revenus issus de l’exploitation aurifère.
Le Gabon s’inscrit ainsi dans une tendance observée dans plusieurs pays africains producteurs d’or. Face à l’ampleur de l’exploitation informelle, des États comme le Ghana, la Tanzanie ou encore le Mali ont engagé ces dernières années des réformes visant à renforcer la gouvernance de leurs ressources minières et à accroître leur contribution aux finances publiques.
Pour Libreville, l’enjeu dépasse désormais la seule lutte contre l’orpaillage clandestin. Il s’agit de faire de l’or un pilier crédible de l’économie post-pétrole, capable de soutenir la croissance, l’emploi et les recettes publiques dans les années à venir.



