Dieudonné Ndinga Moukala, nouveau président de l’Union patronale et interprofessionnelle du Congo (Unicongo).
Dans un environnement économique encore marqué par la dépendance aux hydrocarbures, la principale organisation patronale du Congo engage un tournant stratégique. L’élection de Dieudonné Ndinga Moukala à la présidence d’Unicongo symbolise la volonté du secteur privé de se doter d’une gouvernance plus structurée pour peser davantage dans le dialogue économique national.
Économiste et financier de formation, dirigeant depuis plusieurs années la Mutuelle congolaise d’épargne et de crédit (Mucodec), le nouveau président dispose d’une solide expérience dans la finance inclusive et la gestion d’un réseau de microfinance de référence au Congo-Brazzaville. Sous sa direction, Mucodec est devenue un acteur clé du financement de proximité, avec près de 500 collaborateurs et un ancrage national important.
À l’issue de son élection, Dieudonné Ndinga Moukala a salué la confiance des membres de l’organisation. « Cette responsabilité m’oblige et m’engage. Avec mon équipe, nous travaillerons à renforcer la représentativité du secteur privé et à améliorer le dialogue avec les pouvoirs publics », a-t-il déclaré.
Le nouveau bureau d’Unicongo reflète une diversité de profils issus des secteurs clés de l’économie congolaise. À la vice-présidence, Christophe Pujalte, directeur régional d’Africa Global Logistics (AGL), apporte son expertise dans les chaînes logistiques et le transport international. Moïse Kokolo, à la tête du cabinet Fridafrica, représente le conseil fiscal et juridique, tandis que Me Bourgelie Ampion, fondatrice de Lexa International Consulting, occupe le poste de trésorière.
Créée en 1959, Unicongo fédère aujourd’hui plus de 400 entreprises et représente près de 70 % du tissu formel congolais, allant des PME locales aux grands groupes internationaux. L’organisation se positionne comme un interlocuteur privilégié des pouvoirs publics sur les questions relatives au climat des affaires et à la compétitivité économique.
Mais cette nouvelle équipe prend ses fonctions dans un contexte économique contraint. Selon une enquête de la Banque mondiale (2024), 41 % des entreprises congolaises identifient l’accès au financement comme leur principal obstacle. Le taux de bancarisation reste limité à 62 %, contre environ 85 % en moyenne en Afrique subsaharienne. Les banques ne financent que 2,2 % des investissements des entreprises, loin des standards continentaux estimés à 12 %.
Les contraintes structurelles ne s’arrêtent pas là. L’accès à l’électricité constitue un frein majeur pour 21 % des entreprises, tandis que 77 % déclarent subir des coupures fréquentes impactant leur production. La Banque africaine de développement (BAD) souligne également l’absence d’entreprises congolaises cotées à la BVMAC, un indicateur révélateur de la faible profondeur des marchés financiers locaux.
Dans ce contexte, Unicongo entend renforcer son rôle d’interface entre secteur privé et pouvoirs publics. Le nouveau président hérite d’un agenda chargé : améliorer le climat des affaires, stimuler l’investissement privé et contribuer à la diversification de l’économie nationale, encore largement dépendante du pétrole.
Le gouvernement congolais vise une croissance supérieure à 4 % dans les prochaines années, après une performance estimée à 3,8 % en 2025. Pour y parvenir, la mobilisation du secteur privé apparaît désormais comme un levier incontournable, plaçant Unicongo au cœur des futures réformes économiques.



