Pour SOMDIA, l’heure est à la montée en puissance en Côte d’Ivoire. Le groupe agro-industriel français prévoit d’y investir 100 milliards de FCFA sur les cinq prochaines années afin de consolider ses positions dans le sucre tout en ouvrant un nouveau front de développement dans la filière maïs. Inscrit dans le nouveau contrat-plan conclu avec l’État ivoirien et annoncé le 10 juillet 2026, ce programme traduit une stratégie de diversification destinée à renforcer la transformation locale des productions agricoles et à accompagner la croissance de l’agro-industrie ivoirienne. À travers sa filiale SUCAF-CI, le groupe entend ainsi dépasser son statut de leader du sucre pour devenir un acteur majeur de plusieurs chaînes de valeur agricoles.
Premier producteur de sucre du pays, SUCAF-CI produit plus de 120 000 tonnes par an grâce à ses deux complexes agro-industriels implantés à Ferkessédougou, dans le nord de la Côte d’Ivoire. Commercialisée sous la marque « Princesse Tatie », cette production alimente une large part du marché national. Les nouveaux investissements doivent permettre de moderniser les installations industrielles, d’améliorer la productivité des plantations, d’accroître les capacités de transformation et de renforcer la compétitivité de l’entreprise dans un contexte où la demande en produits sucriers demeure soutenue.
Cette stratégie de diversification est déjà visible. En mai 2026, SUCAF-CI a inauguré à Ferké 2 la première distillerie de canne à sucre du pays, fruit d’un investissement de plus de 27 millions d’euros, soit près de 18 milliards de FCFA. L’installation est capable de produire 12 millions de litres d’alcool extra-neutre par an à partir de la mélasse, un sous-produit de la canne à sucre. Cette unité devrait couvrir près de la moitié des besoins nationaux en alcool industriel, réduire les importations et accroître la valeur ajoutée créée localement.
Mais le véritable changement d’échelle réside dans l’ouverture vers la filière maïs. Le contrat-plan prévoit le lancement d’un projet structurant destiné à développer la production et la transformation de cette céréale, dont les besoins progressent rapidement sous l’effet de la croissance de l’industrie avicole, de l’alimentation animale et de la consommation humaine. Cette orientation prolonge les ambitions affichées dès 2019 avec le projet de Compagnie Fermière Ivoirienne, puis confirmées en 2024 dans le cadre du programme Cap 2027, qui prévoyait une unité de transformation de 15 000 tonnes de maïs par an. Retardé par les conséquences de la pandémie de Covid-19, ce projet retrouve aujourd’hui une nouvelle dynamique.
Pour réussir cette diversification, SOMDIA s’appuie sur l’expérience acquise au Cameroun avec la Compagnie Fermière Camerounaise (CFC), mise en service en 2021. Cette unité transforme le maïs en gritz destinés aux brasseries, en farines alimentaires et en aliments pour bétail. En répliquant ce modèle industriel en Côte d’Ivoire, le groupe entend contribuer au renforcement des chaînes de valeur agricoles, soutenir la sécurité alimentaire et répondre à une demande régionale en forte croissance. Au-delà des 100 milliards de FCFA annoncés, ce programme confirme la volonté de SOMDIA de faire de la diversification, de l’industrialisation et de la transformation locale les principaux moteurs de son développement en Afrique de l’Ouest.
Sorelle Ninguem



