Préparer l’après-pétrole sans attendre l’épuisement des hydrocarbures. C’est l’ambition affichée par la Guinée équatoriale avec la création de la Société nationale des mines et des carrières (SNMC), officiellement installée le 15 juillet 2026 à Malabo. En dotant le pays d’un opérateur public dédié au développement de l’industrie minière, les autorités entendent ouvrir un nouveau chapitre de leur stratégie économique et faire des ressources minérales un second pilier de croissance aux côtés des hydrocarbures.
Longtemps portée par les revenus pétroliers, l’économie équato-guinéenne est confrontée à l’érosion progressive de sa production d’hydrocarbures et à la volatilité des cours internationaux. Face à cette réalité, Malabo accélère sa politique de diversification. La création de la SNMC s’inscrit dans cette dynamique. L’entreprise publique aura pour mission d’encadrer le développement du secteur minier, de renforcer la gouvernance des ressources extractives et d’accompagner les investisseurs dans la valorisation du potentiel géologique du pays.
La première réunion de son conseil d’administration a permis de mettre en place les organes de gouvernance, de valider un plan stratégique couvrant les trois premières années d’activité et d’organiser le déploiement opérationnel de la société à Bata et La Paz. Pour le gouvernement, cette montée en puissance doit permettre de doter le pays d’un outil capable de coordonner les futurs projets miniers et de mieux intégrer cette filière dans la stratégie nationale de développement.
Les ambitions de Malabo reposent sur un potentiel encore largement inexploité. Les campagnes de cartographie géologique menées dans la région continentale du Rio Muni, notamment avec l’appui de filiales du groupe russe Rosgeo, ont mis en évidence la présence de ressources en or, fer, bauxite, nickel, titane ainsi qu’en terres rares et autres métaux critiques. Ces minerais, recherchés par les industries sidérurgiques et les filières de la transition énergétique, pourraient attirer de nouveaux investissements internationaux dans les prochaines années.
Au-delà de l’exploration, la Guinée équatoriale ambitionne de développer une véritable chaîne de valeur minière. L’objectif est de favoriser la transformation locale des minerais, de créer des emplois qualifiés, de stimuler les infrastructures et d’accroître les recettes non pétrolières. Pour un pays où les hydrocarbures demeurent la principale source de devises et de revenus budgétaires, cette stratégie vise à construire un modèle de croissance plus résilient et moins exposé aux cycles du marché pétrolier.
Le succès de cette transition dépendra toutefois de plusieurs conditions : une gouvernance transparente, un cadre réglementaire attractif, des infrastructures adaptées et une sécurité juridique susceptible de rassurer les investisseurs. Si ces défis sont relevés, la Société nationale des mines et des carrières pourrait devenir l’un des principaux instruments de la transformation économique de la Guinée équatoriale et préparer, progressivement, l’après-pétrole.
Sorelle Ninguem



