Les comptes arrêtés au 31 décembre 2025 confirment les difficultés persistantes de la Société de développement et d’exploitation des productions animales (Sodepa). Présentés lors de la 69ᵉ Assemblée générale ordinaire, ils font ressortir une perte nette de 2,127 milliards de FCFA, contre 1,490 milliard en 2024, soit une hausse de 42,8 %. Dans le même temps, le chiffre d’affaires est resté quasi stable, passant de 2,181 milliards à 2,201 milliards de FCFA, signe que la dégradation provient davantage de la rentabilité que du niveau d’activité.
Les indicateurs d’exploitation se détériorent tous. La valeur ajoutée recule de 1,085 milliard à 739,8 millions de FCFA, l’excédent brut d’exploitation de -913 millions à -1,387 milliard, tandis que le résultat d’exploitation passe de -1,285 milliard à -1,740 milliard de FCFA. Les charges de personnel atteignent 2,126 milliards de FCFA, presque autant que le chiffre d’affaires. Le déficit des opérations hors activités ordinaires s’aggrave également, passant de 152 millions à 344,6 millions de FCFA, sous l’effet d’une hausse des charges correspondantes de 365 millions à près de 463 millions de FCFA.
Le commissaire aux comptes pointe aussi les contre-performances de l’activité d’achat-revente de bétail. Celle-ci a généré 427,8 millions de FCFA de recettes pour 862,7 millions de coûts d’achat, soit une marge négative de 434,9 millions de FCFA. Les auditeurs relèvent des faiblesses dans les procédures d’approvisionnement, le suivi manuel de la pesée des carcasses et la séparation des fonctions commerciales et financières. En pratique, 100 FCFA de ventes ont nécessité plus de 200 FCFA de coûts d’achat, avant les autres charges.
Les comptes révèlent également 92 699 815 FCFA de créances commerciales irrécouvrables, issues principalement de ventes de viande à crédit consenties à des clients ou anciens employés décédés, retraités, disparus ou introuvables depuis plus de quinze ans. Elles représentent 90,4 % des créances clients brutes, évaluées à 102,5 millions de FCFA, contre seulement 9,8 millions de créances ordinaires. Provisionnées à 100 %, elles n’affectent plus le résultat mais les commissaires aux comptes recommandent leur apurement.
Malgré ces contre-performances, la trésorerie nette progresse de 100,6 millions à 2,044 milliards de FCFA. Cette hausse ne provient toutefois pas de l’exploitation, qui a consommé 654,2 millions de FCFA de liquidités, mais de 1,973 milliard de subventions d’investissement et de 743,2 millions de nouveaux emprunts. Les dettes financières passent ainsi de 5,007 milliards à 5,750 milliards de FCFA, tandis que les subventions d’investissement inscrites au bilan progressent de 11,028 milliards à 12,956 milliards de FCFA. Si ces financements soutiennent la modernisation de l’entreprise, les comptes 2025 montrent qu’ils ne se traduisent pas encore par un redressement de la rentabilité, qui demeure le principal défi de la Sodepa.
Amélie Yandal



