Le patronat gabonais tourne une nouvelle page. À l’issue de son assemblée générale élective, la FEG a confirmé à sa tête Alain-Claude Kouakoua, qui assurait déjà l’intérim depuis le départ d’Henri-Claude Oyima. Le président du groupe ACK a été élu avec 100 % des suffrages exprimés, signe du consensus dont il bénéficie au sein de la principale organisation représentative du secteur privé gabonais.
Cette élection intervient dans un contexte économique particulier. La FEG revendique près de 80 % de la richesse nationale et représente environ 90 % des emplois formels du pays à travers ses entreprises membres. Son nouveau président devra ainsi porter la voix du secteur privé dans un environnement marqué par la recherche de nouveaux relais de croissance et une volonté accrue de transformation économique.
Parmi les principaux défis figurent l’amélioration du climat des affaires et l’accès au financement. Selon les données de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC), le Gabon affichait au quatrième trimestre 2025 le taux effectif global moyen du crédit le plus élevé de la CEMAC, à 21,06 %, contre 8,38 % au Cameroun. Une situation qui continue de peser sur les capacités d’investissement des entreprises, notamment les PME.
Ces dernières restent les plus exposées aux difficultés d’accès aux financements. Les concours bancaires demeurent largement orientés vers les grandes entreprises, tandis que de nombreuses PME peinent à mobiliser les ressources nécessaires à leur développement. Une contrainte qui freine la création de valeur et la diversification du tissu économique national.
L’arrivée d’Alain-Claude Kouakoua à la tête de la FEG confirme également la montée en puissance du groupe ACK dans l’économie gabonaise. En avril dernier, la holding a renforcé sa présence dans les infrastructures en rachetant Colas Gabon, filiale du groupe français Bouygues, consolidant ainsi sa position parmi les principaux groupes privés du pays.
Cette prise de fonction intervient alors que les autorités finalisent le Plan national de croissance et de développement (PNCD), un programme d’investissement évalué à près de 18 000 milliards de FCFA. Les pouvoirs publics comptent fortement sur la contribution du secteur privé pour soutenir la diversification économique, réduire la dépendance aux hydrocarbures et stimuler la croissance.
Plus qu’un simple changement de gouvernance, l’élection d’Alain-Claude Kouakoua marque l’ouverture d’une nouvelle séquence pour le patronat gabonais. À la tête d’une organisation influente, il devra contribuer à rapprocher les attentes des entreprises et les ambitions économiques du pays, dans un contexte où l’investissement privé apparaît plus que jamais comme un moteur essentiel du développement.



