Le Tchad franchit une nouvelle étape dans sa stratégie de transformation économique. Le 5 août 2026, au Caire, le ministre d’État chargé des Finances, Tahir Hamid Nguilin, et le président d’Afreximbank, George Elombi, ont conclu un accord de financement de 110 millions d’euros, soit près de 72,15 milliards de FCFA. Les fonds serviront à financer plusieurs projets inscrits au budget de l’État, principalement dans les infrastructures et le développement des échanges commerciaux, renforçant ainsi le partenariat entre N’Djamena et la banque panafricaine.
Cette mobilisation financière intervient alors que le gouvernement accélère la mise en œuvre du Plan national de développement « Tchad Connexion 2030 », qui fait des infrastructures un levier de compétitivité. La loi de finances 2026 prévoit 1 177,7 milliards FCFA d’investissements publics, en hausse de 20 % sur un an. Les priorités concernent les corridors routiers Nord, Nord-Ouest, Sud et Sud-Ouest, la liaison Amdjarass-Assouan, la modernisation des aéroports d’Abéché et d’Ati, le renforcement des capacités électriques à Moundou, Ati, Abéché et Amdjarass, ainsi que des infrastructures hydrauliques et logistiques, notamment les terminaux de Kribi et de Port-Soudan.
Ce soutien financier répond également aux constats de la Banque africaine de développement (BAD), qui estime que le déficit d’infrastructures demeure l’un des principaux freins au développement du secteur privé tchadien. Celui-ci ne représente qu’environ 15 % du PIB, contre 50 à 70 % dans plusieurs économies africaines. La BAD recommande d’intensifier les investissements dans les réseaux de transport et l’énergie afin de stimuler l’industrialisation, favoriser les exportations et tirer pleinement parti de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).
Les échanges entre les deux parties ont également porté sur les projets portés par le Groupe ARISE, notamment dans les filières textile et bétail-viande, où Afreximbank joue un rôle de premier plan comme partenaire financier. À travers cette nouvelle ligne de crédit, la banque confirme sa volonté d’accompagner le désenclavement du Tchad, de renforcer son appareil productif et de soutenir une croissance davantage portée par les infrastructures et le secteur privé.
Sorelle Ninguem



