Immeuble siege de la Caisse de stabilisation des prix des hydrocarbures (CSPH)
Dans un environnement énergétique sous tension, la Caisse de stabilisation des prix des hydrocarbures (CSPH) parvient à préserver ses fondamentaux financiers. Si son bénéfice net recule à 7,13 milliards de FCFA en 2025, contre 12,89 milliards un an plus tôt, l’institution affiche en revanche un renforcement notable de sa situation nette, désormais établie à 170,28 milliards de FCFA, en hausse par rapport aux 158,08 milliards enregistrés en 2024.
Cette évolution traduit une consolidation progressive des réserves financières de la Caisse, dans un contexte marqué par un double mouvement : la baisse des cours internationaux du pétrole brut et la progression soutenue de la consommation nationale.
Les produits globaux s’établissent à 99,29 milliards de FCFA, en léger repli de 5,4 %, tandis que les charges restent maîtrisées à 92,16 milliards de FCFA. Cette stabilité relative des coûts permet à la CSPH de maintenir un équilibre opérationnel malgré l’intensification de son rôle de régulateur.
L’un des faits marquants de l’exercice 2025 réside dans la dynamique de la demande intérieure. La consommation de carburants progresse de 4 %, tandis que celle du gaz domestique enregistre une hausse plus marquée de 13 %. Cette évolution confirme la montée en puissance du marché énergétique camerounais, portée par l’urbanisation et la croissance démographique.
Pour accompagner cette demande, la CSPH a mobilisé 48,96 milliards de FCFA de subventions pour le gaz domestique, un niveau supérieur à celui de l’exercice précédent. Cette intervention massive témoigne du rôle central de l’institution dans la préservation du pouvoir d’achat des ménages et la stabilité des prix à l’échelle nationale.
Au-delà des chiffres de résultat, les indicateurs de fonds propres et de réserves traduisent une trajectoire de long terme plus favorable. La progression de la situation nette constitue un signal de solidité financière, dans un secteur où les mécanismes de compensation sont structurellement exposés aux fluctuations des marchés mondiaux de l’énergie.
Dans cette logique, la CSPH poursuit un modèle de péréquation qui absorbe les chocs internationaux tout en garantissant la continuité de l’approvisionnement à des prix administrés. Un dispositif qui reste au cœur de la politique énergétique du Cameroun et qui continue d’assurer une relative stabilité sociale dans un contexte inflationniste global.
Les autorités de la Caisse entendent désormais renforcer l’efficacité du mécanisme, en optimisant la gestion des flux financiers et en consolidant les ressources internes. L’enjeu est de maintenir l’équilibre entre soutien aux consommateurs et soutenabilité budgétaire.
À moyen terme, la dynamique de consommation observée en 2025 pourrait constituer un levier de croissance pour l’ensemble de la filière énergétique nationale, malgré la pression croissante exercée sur les mécanismes de subvention.



