Mahamat Assouyouti, nouveau PCA de la Cameroon Oil Transportation Company (COTCO S.A.)
La gouvernance de l’un des principaux corridors pétroliers d’Afrique centrale vient de connaître un tournant. Dans un communiqué publié ce 24 juin 2026, la Cameroon Oil Transportation Company (COTCO S.A.) a confirmé la désignation de Mahamat Assouyouti comme président de son conseil d’administration, en remplacement de Alladoum Nandogongar.
Cette nomination intervient dans un contexte de consolidation institutionnelle autour de la chaîne pétrolière Tchad–Cameroun, infrastructure stratégique reliant les champs de Doba, au sud du Tchad, au terminal maritime de Kribi via un oléoduc long de 1 080 kilomètres.
Déjà nommé en mai 2026 à la tête de la Tchad Petroleum Company (TPC), le nouveau dirigeant incarne une volonté de coordination renforcée entre les deux extrémités du pipeline. Son profil combine expertise technique et expérience internationale, forgé au fil de plus de vingt années passées dans la gestion des finances publiques, le financement du développement et les politiques climatiques.
Ancien ministre de l’Économie du Tchad, il a également occupé des fonctions au sein de plusieurs institutions multilatérales, notamment la Banque africaine de développement (BAD), l’Agence française de développement (AFD) et le Fonds vert pour le climat. Un parcours qui le positionne au croisement des enjeux énergétiques, financiers et environnementaux.
Selon les données communiquées lors de la session du Comité de pilotage et de suivi des pipelines (CPSP) tenue à Kribi en mai 2026, le pipeline a assuré l’exportation de 16,10 millions de barils de pétrole brut entre janvier et avril de la même année. Ces volumes ont été acheminés à travers 17 cargaisons opérées par des navires pétroliers de grande capacité.
Dans un environnement mondial marqué par la volatilité des prix du brut, les tensions géopolitiques et les contraintes logistiques sur les routes maritimes, cette performance confirme la résilience de l’infrastructure, essentielle pour les recettes d’exportation du Tchad.
Pour N’Djamena, le pétrole représente toujours l’une des principales sources de devises et un pilier des finances publiques. Le bon fonctionnement du corridor est donc directement lié à la stabilité budgétaire du pays.
Côté camerounais, le pipeline constitue également une source de revenus réguliers à travers les droits de transit. Ceux-ci sont estimés à 1,321 dollar par baril, un tarif issu des révisions contractuelles successives de 2013 et 2018.
Au-delà des flux financiers, les priorités de la nouvelle gouvernance portent sur la modernisation des infrastructures critiques. Parmi les projets annoncés figurent l’acquisition d’un nouveau terminal maritime ainsi que le remplacement des bras de chargement du point d’ancrage du terminal flottant Komé–Kribi 1, pièce maîtresse du dispositif d’exportation.
Ces investissements s’inscrivent dans une logique de sécurisation des opérations et d’amélioration de la performance technique du pipeline, alors que les infrastructures énergétiques africaines sont de plus en plus soumises à des exigences de fiabilité, de durabilité et d’adaptation environnementale.
Dans ce contexte, COTCO se positionne comme un acteur central d’un équilibre délicat : maintenir un flux continu d’exportation tout en garantissant la modernisation progressive d’un actif stratégique devenu vital pour les deux États.



