Le paysage entrepreneurial camerounais connaît une mutation progressive portée par l’émergence d’une nouvelle génération de promoteurs. D’après l’Annuaire statistique 2025 du Ministère des Petites et Moyennes Entreprises, de l’Économie Sociale et de l’Artisanat (MINPMEESA), les jeunes de moins de 35 ans représentent désormais 42 % des créateurs de PME, contre 36,4 % en 2019, soit une progression de 5,6 points en six ans.
Cette évolution s’inscrit dans la mise en œuvre de la Stratégie Nationale de Développement 2020-2030 (SND30), qui ambitionne de faire du secteur privé le principal moteur de la croissance économique. Le tissu productif national continue de se densifier, traduisant une dynamique soutenue de création d’entreprises et de formalisation progressive de l’activité économique.
Au 31 décembre 2025, le Cameroun comptait 569 208 unités productives formelles, dont plus de 99,9 % constituées de PME, d’organisations de l’économie sociale et d’unités de production artisanale. Le stock de PME s’établit à 472 208 unités, en hausse de 6,5 % sur un an et quasiment multiplié par deux en six ans.
Pour les autorités, cette progression ne se limite pas à une croissance quantitative. Elle traduit également une transformation structurelle du profil des entrepreneurs et des secteurs d’activité. De plus en plus de PME s’orientent vers la production, la transformation industrielle et la valorisation des ressources locales, en cohérence avec les objectifs de substitution aux importations.
Les secteurs de l’agro-industrie, du numérique, de l’artisanat productif et des services innovants concentrent ainsi une part croissante des nouvelles entreprises. Cette évolution participe à la diversification de l’économie camerounaise et à la montée en gamme progressive de son appareil productif.
Sur le plan de l’emploi, l’impact est jugé significatif. Les entreprises créées en 2025, ainsi que les structures de l’économie sociale et les unités artisanales, ont généré près de 90 000 emplois prévisionnels. Plus de 88 % de ces emplois proviennent directement des PME, confirmant leur rôle central dans l’insertion professionnelle.
Ces performances sont également soutenues par les dispositifs publics d’accompagnement, notamment la Bourse de Sous-Traitance et de Partenariat du Cameroun et la Pépinière Nationale Pilote d’Entreprises d’Edéa, qui facilitent l’accès au financement, à la formation et à l’encadrement technique des porteurs de projets.
Dans un contexte international marqué par les incertitudes économiques et les tensions sur les chaînes d’approvisionnement, ces résultats traduisent la résilience du tissu productif national. Ils confirment également la place stratégique des PME dans la diversification économique et la création de valeur.
À l’horizon 2030, les autorités entendent consolider cette dynamique en renforçant les filières à forte valeur ajoutée et en intégrant davantage les PME dans les chaînes de valeur locales et régionales. Une ambition qui confirme le rôle central de la jeunesse dans la transformation économique du Cameroun.



