Dès les premières heures de la matinée, le hall du Krystal Palace de Douala se remplit progressivement de dirigeants d’entreprises, de responsables financiers et de porteurs de projets venus assister à une rencontre peu ordinaire. Entre discussions autour des tables de réception, échanges de cartes de visite et conversations sur les difficultés du climat des affaires, l’atmosphère oscille entre networking professionnel et recherche de solutions concrètes face aux incertitudes économiques actuelles.
Dans la salle principale, les écrans affichent déjà les thématiques de la journée pendant que les équipes techniques procèdent aux derniers réglages. Au cœur des échanges : la gestion des risques de l’entreprise, devenue une préoccupation centrale pour de nombreuses PME camerounaises confrontées à la volatilité économique, aux tensions de trésorerie, aux cybermenaces, aux sinistres industriels ou encore aux difficultés d’accès au financement.
À l’initiative de CCA Bank et d’Afri Insurance, cette masterclass organisée le 13 mai 2026 entendait sensibiliser les opérateurs économiques à l’importance des mécanismes de prévention dans la pérennité des activités. Dans un environnement où les petites et moyennes entreprises représentent plus de 90 % du tissu économique camerounais selon plusieurs estimations institutionnelles, la maîtrise des risques apparaît désormais comme un enjeu majeur de survie et de compétitivité.
Au fil des interventions, les échanges gagnent en intensité. Guy Martin Mbah, Directeur PME/PMI de CCA Bank, et Mme Enonga, Directrice Centrale Commerciale, Communication et Marketing, assurent la coordination des travaux tout en apportant des éclairages sur les défis auxquels font face les entreprises locales. Devant une assistance attentive, ils rappellent que la croissance des PME dépend désormais autant de leur accès au financement que de leur capacité à anticiper les menaces pouvant fragiliser leur activité.
L’expert Olivier Djaba capte ensuite l’attention de la salle avec une analyse approfondie des nouveaux risques auxquels sont exposées les entreprises africaines. Risques opérationnels, vulnérabilités numériques, sinistres logistiques, fluctuations des marchés ou défauts de gouvernance : autant de facteurs qui, selon lui, imposent aux dirigeants de revoir leurs modèles de gestion. À ses côtés, Kamadjo Armand, Directeur Technique, insiste sur le rôle croissant des assurances dans la sécurisation des investissements et la protection des actifs productifs.
Au Cameroun comme dans plusieurs économies africaines, les PME restent particulièrement exposées aux chocs économiques. Selon des données de la Banque mondiale et de la BEAC, une proportion importante de petites entreprises cesse ses activités avant cinq années d’existence, souvent faute de mécanismes de prévention adaptés ou de capacités financières suffisantes pour absorber les crises. Les perturbations économiques récentes, la hausse des coûts logistiques et les tensions sur les marchés internationaux ont davantage renforcé cette vulnérabilité.
À travers cette initiative, CCA Bank et Afri Insurance cherchent ainsi à dépasser le simple cadre commercial pour se positionner comme des partenaires d’accompagnement stratégique des entreprises. L’objectif affiché est de promouvoir une culture de gestion préventive capable de renforcer durablement la résilience du tissu entrepreneurial camerounais.
À la fin des échanges, les discussions se prolongent encore dans les couloirs du Krystal Palace. Autour des stands et des espaces de réception, plusieurs participants continuent d’interroger les experts sur les solutions d’assurance, les mécanismes de couverture des risques et les outils de sécurisation financière adaptés aux réalités locales. Une preuve supplémentaire que, dans un environnement économique de plus en plus incertain, la gestion des risques s’impose progressivement comme une dimension incontournable de la stratégie des entreprises africaines.



