Abakal Mahamat Administrateur Directeur Général BGFIBank Cameroun.
Le soir où Douala a célébré la montée en puissance de BGFIBank Cameroun
Au Castel Hall de Douala, les conversations oscillent entre finance, stratégie et perspectives économiques. Autour des tables dressées pour les quinze ans de BGFIBank Cameroun, le gotha économique camerounais échange sous les lumières tamisées d’une soirée soigneusement orchestrée. Hauts responsables administratifs, dirigeants d’entreprises, partenaires institutionnels et figures du secteur bancaire sont présents. Mais derrière les discours officiels et les séquences protocolaires, une réalité s’impose discrètement : la trajectoire ascendante de BGFIBank Cameroun porte largement l’empreinte d’un homme, Abakal Mahamat.
Dans les cercles financiers de Douala et Libreville, le dirigeant cultive depuis plusieurs années une image de gestionnaire méthodique, peu exposé médiatiquement mais particulièrement attentif aux équilibres financiers. Un profil qui contraste avec les figures plus démonstratives du secteur bancaire régional.
L’homme des équilibres financiers
Lorsque Abakal Mahamat prend les commandes de BGFIBank Cameroun en octobre 2019, le contexte est loin d’être simple. Le secteur bancaire camerounais traverse alors une période de recomposition marquée par la pression réglementaire de la COBAC, l’accélération de la digitalisation et une compétition de plus en plus agressive entre banques panafricaines, filiales internationales et établissements locaux.
À l’intérieur même du groupe BGFI, les attentes sont élevées. La filiale camerounaise est appelée à devenir l’un des principaux relais de croissance de la banque dans la zone Cemac. Les résultats deviennent alors le principal indicateur de crédibilité.
En quelques années, les chiffres changent de dimension. Entre 2019 et 2025, le résultat net passe progressivement d’environ 3 milliards de FCFA à près de 15 milliards de FCFA, tandis que le total bilan dépasse les 700 milliards de FCFA selon les données communiquées lors des célébrations des 15 ans de la banque.
Cette progression repose sur une stratégie fondée sur la maîtrise du risque, le développement de la clientèle corporate et la montée en puissance des financements structurés. Dans un environnement bancaire encore marqué par les créances douteuses et les tensions de liquidité, la prudence devient un avantage concurrentiel.
Une banque qui change de dimension
Sous l’impulsion d’Abakal Mahamat, BGFIBank Cameroun renforce progressivement sa présence dans les secteurs considérés comme stratégiques pour l’économie camerounaise : énergie, infrastructures, télécommunications, logistique et agro-industrie.
L’établissement augmente également ses fonds propres, portés à 50 milliards de FCFA, afin de soutenir ses ambitions de croissance et de répondre aux nouvelles exigences prudentielles imposées dans la sous-région.
Mais la transformation ne se limite pas aux seuls indicateurs financiers. En interne, plusieurs observateurs évoquent une réorganisation progressive des méthodes de travail, avec un accent mis sur la discipline opérationnelle, le suivi des engagements et la culture de performance.
Dans un marché où les banques cherchent désormais à concilier proximité commerciale et sophistication financière, BGFIBank Cameroun tente de se repositionner comme une institution capable d’accompagner aussi bien les grandes entreprises que les PME structurées.
Le pari discret de la rentabilité durable
Contrairement à certaines stratégies expansionnistes observées dans le secteur bancaire africain, Abakal Mahamat privilégie une croissance progressive. Peu de déclarations spectaculaires, peu d’annonces tapageuses, mais une attention constante portée aux fondamentaux : qualité du portefeuille, rentabilité, solvabilité et gouvernance.
Cette approche séduit les actionnaires. Pour l’exercice 2025, la banque prévoit une distribution de dividendes estimée à près de 12 milliards de FCFA, illustrant la solidité financière atteinte par la filiale camerounaise.
Dans les milieux financiers régionaux, cette stabilité est perçue comme un atout majeur à l’heure où plusieurs économies africaines restent exposées aux fluctuations des matières premières, à l’inflation importée et aux tensions monétaires.
L’après-2026 déjà en préparation
À mesure que BGFIBank Cameroun consolide sa position dans le paysage bancaire national, les défis changent d’échelle. La transformation numérique du secteur, la montée des fintechs, les nouvelles exigences de cybersécurité et les besoins massifs de financement des économies africaines obligent désormais les banques à revoir leur modèle.
Dans cette perspective, la stratégie d’Abakal Mahamat semble déjà orientée vers un objectif plus large : faire de BGFIBank Cameroun non plus seulement une filiale performante, mais une plateforme financière de référence en Afrique centrale.
À Douala, au terme de la soirée anniversaire des quinze ans, les applaudissements se dissipent lentement. Mais dans les cercles économiques de la Cemac, une autre question commence déjà à circuler : jusqu’où ira désormais la trajectoire de BGFIBank Cameroun sous l’ère Abakal Mahamat ?



