Une image générée par l’IA représentant un train de la Camrail.
La signature du mémorandum d’entente marque une étape structurante dans la stratégie d’extension logistique du port autonome de Kribi. L’accord, paraphé sous le haut patronage du ministre des Transports, Jean Ernest Massena Ngallè Bibehe, réunit l’ensemble des acteurs publics et privés engagés dans la transformation du principal hub portuaire en eau profonde du Cameroun. Il ne fixe ni calendrier d’exécution ni engagement financier immédiat, mais ouvre une phase préparatoire consacrée aux études de faisabilité, de conception, de financement et d’exploitation de l’infrastructure ferroviaire envisagée.
Dans cette configuration, le projet Édéa–Kribi–Lolabé–Campo s’inscrit dans une logique d’anticipation des flux. Le Port autonome de Kribi, opérationnel depuis mars 2018, a consolidé sa trajectoire ascendante avec un trafic de 555 398 EVP et 12,7 millions de tonnes de marchandises en 2025. Cette progression continue met en évidence les limites du dispositif routier actuel, notamment le corridor Édéa–Kribi, devenu l’axe principal d’acheminement des flux et soumis à une saturation progressive.
Face à cette tension croissante, le recours au rail apparaît comme un levier de transformation structurelle. Il s’agit de massifier les flux, d’améliorer la régularité des acheminements et de sécuriser les chaînes logistiques reliant le port à son hinterland. Le projet ambitionne également d’accompagner la diversification des trafics, incluant les marchandises conteneurisées, industrielles, agricoles et minières, tout en renforçant l’intégration régionale vers l’Afrique centrale et certaines zones du Nigeria.
Pour les autorités portuaires, cette évolution répond à une exigence de montée en puissance cohérente avec les capacités physiques du site. Situé à environ 35 km de Kribi, dans le département de l’Océan, le complexe dispose de quais en eau profonde atteignant 16 mètres et d’un domaine foncier estimé à 15 000 hectares, faisant du site l’un des ensembles industrialo-portuaires les plus importants du Golfe de Guinée. Cette configuration ouvre des perspectives d’expansion industrielle et logistique à grande échelle, à condition de renforcer les infrastructures d’accès terrestres.
Dans cette perspective, la direction du PAK souligne la nécessité d’un changement d’échelle dans la connectivité. L’ambition est de relier plus efficacement les bassins de production à la façade maritime afin de fluidifier les échanges et de renforcer la compétitivité du corridor sud. La prochaine étape du projet sera consacrée aux études de faisabilité, dont les résultats détermineront les choix techniques, financiers et institutionnels, conditionnant ainsi le passage vers une phase opérationnelle.



