(LVDE) — À l’approche de la finalisation d’un axe stratégique pour l’économie nationale, le Cameroun franchit une nouvelle étape dans la modernisation de son réseau routier. L’entreprise chinoise Sinohydro vient de sécuriser l’attribution du dernier segment de la route reliant Yaoundé à Kribi, un corridor essentiel pour le transport des marchandises, l’amélioration de la compétitivité logistique et l’essor des activités portuaires et industrielles du pays.
Sur le terrain de l’infrastructure routière camerounaise, les travaux d’interconnexion entre la capitale politique Yaoundé et la ville portuaire de Kribi avancent vers leur phase décisive. Le dernier tronçon de cet itinéraire structurant a été confié à Sinohydro pour un montant estimé à 38,7 milliards FCFA. Cette attribution s’inscrit dans la stratégie nationale visant à renforcer les corridors économiques, alors que plus de 70 % du transport intérieur de marchandises s’effectue encore par voie terrestre selon les données du ministère des Travaux publics.
La réalisation de cet axe constitue un levier majeur pour l’économie nationale, notamment pour le Port en eau profonde de Kribi, qui s’impose progressivement comme une plateforme logistique régionale pour l’Afrique centrale. Les autorités misent sur cette liaison pour réduire les délais d’acheminement des produits importés et faciliter l’exportation des matières premières locales, dans un contexte où la compétitivité logistique reste un défi pour plusieurs économies africaines.
Les ingénieurs mobilisés sur le projet travaillent à la consolidation des ouvrages d’art, à l’aménagement des voies de circulation et à l’amélioration de la sécurité routière. Les prévisions officielles indiquent que la modernisation de cet axe pourrait réduire les coûts de transport routier de près de 20 %, contribuant ainsi à soutenir les échanges commerciaux entre le littoral et l’arrière-pays. Les opérateurs économiques attendent particulièrement cette infrastructure pour dynamiser les chaînes d’approvisionnement dans les secteurs agroalimentaire, forestier et industriel.
Le financement de ce projet s’inscrit dans les investissements publics dédiés à l’essor des infrastructures de transport. Selon la Banque mondiale, les pays disposant d’un réseau routier performant enregistrent généralement une croissance économique plus rapide grâce à l’optimisation des flux commerciaux. Le Cameroun ambitionne ainsi de renforcer son positionnement comme hub logistique sous-régional, en s’appuyant sur les corridors routiers reliant Douala, Yaoundé et les zones économiques du sud du pays.
Au-delà des considérations économiques, la finalisation de cette route devrait également favoriser l’intégration sociale et la mobilité des populations. Les autorités espèrent que la circulation plus fluide encouragera les échanges commerciaux locaux, stimulera le tourisme interne et facilitera l’accès aux services sociaux dans les zones rurales traversées par l’axe routier.
Le consortium Sinohydro poursuit actuellement la mobilisation de ses équipes techniques afin de respecter les délais contractuels. L’objectif affiché est de livrer l’ensemble du corridor routier dans un calendrier compatible avec les ambitions de développement du Cameroun à l’horizon 2030, période au cours de laquelle le pays souhaite accélérer sa transformation économique et industrielle.
Anatole Bidias



