Dans la capitale camerounaise, le ministère des Finances a rendu public un dispositif inédit visant à renforcer le contrôle des importations de terminaux numériques. Ce mécanisme de collecte électronique, prévu par la loi de finances 2023, est entré en vigueur le 1er avril 2026. Il concerne principalement les téléphones mobiles, tablettes et autres équipements connectés importés sur le territoire national.
Selon les données issues de la base de suivi du système, environ 700 000 téléphones ont été détectés comme nouvellement connectés au réseau local entre le 1er et le 25 avril 2026 sans enregistrement douanier préalable. Ce chiffre ne prend pas en compte les appareils déjà actifs avant l’entrée en vigueur du dispositif, ce qui laisse entrevoir un volume global potentiellement plus élevé d’équipements concernés par la régularisation.
Le mécanisme repose sur l’identification des terminaux via leur connexion aux réseaux des opérateurs télécoms. L’objectif affiché est de réduire les pertes de recettes liées aux importations informelles et d’améliorer la traçabilité des appareils circulant sur le marché camerounais. Dans cette phase initiale, les autorités ont choisi de ne pas procéder à un blocage automatique afin de permettre une période de sensibilisation et d’adaptation des opérateurs économiques.
Le ministère des Finances invite ainsi les importateurs, distributeurs et utilisateurs concernés à régulariser leur situation douanière avant le 30 avril 2026. Cette régularisation est annoncée sans amende durant la période transitoire, afin d’encourager une conformité volontaire. Passé ce délai, les terminaux considérés comme introduits illégalement sur le marché seront bloqués sans préavis, selon les dispositions communiquées par l’administration.
Cette réforme s’inscrit dans une stratégie plus large de modernisation de la fiscalité et de digitalisation des procédures douanières. Elle intervient dans un contexte de forte croissance du marché des équipements électroniques au Cameroun, porté par l’augmentation de l’accès à la téléphonie mobile et aux services numériques. Les autorités cherchent ainsi à mieux encadrer un secteur où les flux informels restent significatifs.
Le ministère salue néanmoins la conformité progressive d’une partie des opérateurs et insiste sur l’importance du civisme fiscal. Il appelle l’ensemble des acteurs économiques à accompagner cette réforme, présentée comme un outil de sécurisation des recettes publiques et de renforcement de la souveraineté économique.
À travers ce dispositif, l’État entend non seulement accroître ses ressources fiscales, mais aussi assainir le marché des terminaux mobiles, dans un environnement marqué par une circulation rapide des équipements et une forte dépendance aux importations.



