Dans l’enceinte municipale de Yaoundé Ier, l’ambiance est celle d’un secteur en pleine mutation. La troisième édition de la Journée de l’Artisan s’ouvre dans un contexte où la question de la qualité devient centrale pour les très petites entreprises et les artisans camerounais. Le ministre en charge du secteur place d’emblée le débat sur le terrain de la transformation structurelle, insistant sur la nécessité de faire évoluer les produits locaux vers des standards reconnus. (Source : MINPMEESA, communication officielle 2026)
Le diagnostic dressé par les services techniques du ministère met en évidence un écart significatif entre production et conformité. Selon les données présentées lors de l’ouverture, seulement 38 % des produits artisanaux testés respectent actuellement les normes en vigueur, notamment dans l’agroalimentaire. Ce chiffre illustre les défis persistants liés à la qualité, à l’emballage et à la traçabilité, dans un secteur pourtant considéré comme un pilier de l’économie informelle et de l’emploi local. (Source : ANOR Cameroun, rapports de normalisation 2025)
Face à cette situation, l’administration publique multiplie les initiatives d’accompagnement. En 2025, environ 500 très petites, petites et moyennes entreprises ont été soutenues dans leurs démarches de certification, tandis que 200 acteurs ont été formés à l’usage des codes-barres et une centaine sensibilisée aux exigences d’étiquetage et de normalisation. Ces actions visent à structurer progressivement un tissu artisanal encore largement fragmenté. (Source : MINPMEESA, bilan 2025)
Sur le terrain, les artisans présents à l’événement découvrent également les mécanismes d’appui mis en place, notamment un fonds dédié à la certification destiné à réduire les coûts d’accès aux normes. Grâce à la coopération avec l’Agence des normes et de la qualité, une baisse d’environ 30 % des frais a déjà été obtenue, facilitant l’entrée de plusieurs producteurs dans les circuits formels. Cette mesure est perçue comme un levier important pour élargir la base d’entreprises certifiées.
Durant plusieurs jours, des ateliers techniques, des sessions de formation et des rencontres entre producteurs et acheteurs sont organisés. Les participants bénéficient également d’un accompagnement personnalisé à travers un guichet-conseils, tandis que des expositions permettent de valoriser les productions locales. Cette approche vise à rapprocher les artisans des exigences du marché moderne, notamment en matière de qualité, de présentation et de compétitivité commerciale.
Au-delà des chiffres, l’enjeu est économique. Le gouvernement met en avant le lien direct entre certification, accès aux grandes surfaces et création d’emplois. L’objectif affiché est de transformer l’artisanat en un véritable moteur de croissance inclusive, capable de générer davantage de valeur ajoutée et d’intégration dans les chaînes de distribution formelles.
Dans un contexte où les économies africaines cherchent à renforcer leur base productive, cette initiative s’inscrit dans une dynamique plus large de formalisation et de montée en gamme des productions locales. Pour les autorités, la certification apparaît désormais comme une étape incontournable pour positionner les produits camerounais sur des marchés de plus en plus concurrentiels, tout en consolidant la crédibilité du « made in Cameroon ».



