De la gauche vers la droite, Philippe Tonangoye, Ministre de l’Accès Universel à l’Eau et à l’Énergie, et l’un des responsables de la société Desiba Enerji, partenaire technique et financier du projet.
Sous la chaleur moite qui enveloppe les plaines du sud gabonais, les lignes électriques traversent encore difficilement plusieurs localités confrontées à des coupures récurrentes et à une alimentation énergétique instable. À Mouila et dans les localités voisines de la région de la Louétsi, les habitants, les petits commerces et les unités industrielles vivent depuis des années au rythme des fluctuations du réseau électrique. Dans cette partie stratégique du pays, où se concentrent plusieurs activités agricoles et agro-industrielles, la question de l’accès stable à l’énergie demeure l’un des principaux défis du développement économique local.
C’est dans ce contexte que le gouvernement gabonais a officialisé la signature d’une convention avec la société turque Desiba Enerji pour la réalisation d’une centrale solaire photovoltaïque à Doubou, localité située à proximité de Mouila. L’accord a été signé par Philippe Tonangoye, ministre de l’Accès universel à l’Eau et à l’Énergie, et les représentants de l’entreprise turque chargée du financement et de la mise en œuvre du projet.
Sur le site retenu pour accueillir les futures installations, les premières études techniques préparent déjà l’arrivée des équipements photovoltaïques qui devront alimenter une centrale d’une capacité de 18 MWc. Le projet prévoit également l’intégration d’un système de stockage énergétique de 10 MWh destiné à stabiliser l’alimentation électrique et à limiter les interruptions de service dans cette région du sud du Gabon.
Selon les autorités gabonaises, l’investissement global est évalué à près de 20 millions de dollars. Le chantier devrait s’étendre sur environ huit mois après la mobilisation complète des financements par l’investisseur. Si le calendrier est respecté, la mise en exploitation pourrait intervenir dès 2027.
Dans les milieux énergétiques gabonais, cette future centrale est perçue comme une étape supplémentaire dans la stratégie nationale de diversification du mix électrique. Longtemps dépendant des infrastructures thermiques et hydroélectriques, le Gabon tente progressivement d’accroître la part des énergies renouvelables afin de réduire les déficits d’approvisionnement qui affectent plusieurs provinces du pays.
À Mouila, où sont implantées d’importantes activités agro-industrielles, notamment autour de la transformation de l’huile de palme et des boissons, les besoins énergétiques augmentent continuellement. Les opérateurs économiques espèrent que cette nouvelle infrastructure permettra de sécuriser davantage l’alimentation des unités de production et de soutenir le développement industriel local.
Cette annonce intervient alors que les autorités gabonaises multiplient les initiatives pour renforcer les capacités nationales de production électrique. Parmi les projets récemment engagés figure notamment la relance de la centrale de Bongolo, dans le sud du pays, pour un investissement estimé à plusieurs milliards de FCFA.
Selon la note de conjoncture sectorielle du quatrième trimestre 2025, la production d’électricité du Gabon a progressé de 26,4 % au cours de l’année écoulée. Cette évolution s’explique notamment par la montée en puissance de la Société du patrimoine ainsi que par l’entrée en exploitation du navire-centrale de Karpowership destiné à soutenir temporairement le réseau national.
Dans les cercles économiques de Libreville, plusieurs observateurs estiment désormais que la stabilisation progressive du système énergétique constitue l’un des leviers majeurs de l’attractivité industrielle du Gabon. Car au-delà des besoins domestiques, l’amélioration durable de l’accès à l’électricité apparaît aujourd’hui comme une condition essentielle au développement des investissements, à la transformation locale des matières premières et à la création de nouvelles activités économiques dans les provinces de l’intérieur.



