Dans la zone industrielle de Bassa, à Douala, l’activité sidérurgique de Metafrique Steel SA est brutalement interrompue. L’entreprise a confirmé, dans un communiqué, la fermeture temporaire de son site après un incendie déclenché au cœur de son dispositif de production. L’incident, qualifié d’« accident imprévisible aux conséquences dommageables », a mobilisé en urgence les équipes internes, les services de secours et les autorités administratives.
Selon les premières informations disponibles, le sinistre serait survenu dans une unité de production où les métaux sont soumis à de très hautes températures, probablement au niveau de la fournaise. Aucun bilan officiel définitif n’a encore été communiqué, mais plusieurs blessés graves sont signalés, dont certains dans un état critique. Ils ont été évacués vers des formations sanitaires de Douala, où ils reçoivent des soins intensifs. L’entreprise a également mis en place un dispositif de soutien psychologique à destination des employés et des familles touchées.
Dans son communiqué, la direction de Metafrique Steel précise avoir immédiatement activé les protocoles d’urgence, incluant l’alerte aux autorités compétentes et la sécurisation du site industriel. La fermeture provisoire de l’usine vise à permettre la gestion de la crise interne et à faciliter les opérations d’enquête. Les activités de production resteront suspendues jusqu’à la publication des conclusions des investigations en cours.
Les autorités ont ouvert une enquête afin de déterminer les circonstances exactes de l’incident. À ce stade, aucune hypothèse n’est officiellement confirmée, même si des sources industrielles évoquent une possible défaillance technique au niveau des installations de fusion. Ce type d’accident rappelle les risques inhérents aux industries lourdes, où les températures extrêmes et la manipulation de matières premières recyclées exigent des standards de sécurité élevés.
Metafrique Steel SA, filiale d’un groupe industriel d’origine indienne, est spécialisée dans la production de fer à béton à partir de déchets ferreux recyclés. L’entreprise s’inscrit dans un écosystème industriel dominé par quelques acteurs majeurs du secteur métallurgique au Cameroun, aux côtés notamment de Prometal, des Aciéries du Cameroun, d’Alucam et de Proalu. Ces sociétés sont regroupées au sein de l’Organisation camerounaise des industries de transformation des métaux (OCITRAM), qui structure une part importante de la filière nationale.
Selon des données sectorielles, la sidérurgie camerounaise repose largement sur la transformation locale de ferrailles importées ou collectées, un modèle qui soutient l’activité industrielle mais expose également les unités de production à des risques techniques élevés. Les enjeux de sécurité industrielle, de maintenance des équipements et de formation du personnel y sont régulièrement mis en avant comme des priorités stratégiques.
Cet incident survient dans un contexte où les industries de transformation des métaux représentent un pilier de l’économie manufacturière du pays, avec une contribution notable à l’approvisionnement du secteur du bâtiment. La suspension temporaire des activités de Metafrique Steel pourrait avoir un impact sur la chaîne d’approvisionnement locale en fer à béton, même si aucune estimation chiffrée des pertes n’a encore été rendue publique.
Les prochains jours seront déterminants pour comprendre les causes réelles de l’accident et évaluer les conditions d’une reprise sécurisée des activités. En attendant, le site reste sous surveillance, tandis que les autorités poursuivent leurs investigations.



