La ville de Garoua s’apprête à franchir une nouvelle étape dans son développement urbain. Le 2 juin dernier, la Société Immobilière du Cameroun (SIC) a procédé à la pose de la première pierre d’un programme de 110 logements sociaux au quartier Kolléré. Présidée par le gouverneur de la région du Nord, Jean Abate Edi’i, la cérémonie a réuni autorités administratives, partenaires techniques et acteurs du secteur de l’habitat autour d’un projet appelé à renforcer l’offre résidentielle dans cette partie du pays.
Dotée d’une enveloppe de plus de 6 milliards de FCFA, cette première phase comprend huit immeubles de type R+4. Trois bâtiments accueilleront chacun vingt appartements de quatre pièces, tandis que cinq autres proposeront dix logements modulables entre les formats T3 et T4. Les travaux, dont la durée est estimée à vingt-quatre mois, seront réalisés par le groupement A1V2 Yahweh Jireh Construction, sous la supervision de Competing SARL et le contrôle technique d’APAVE Cameroun.
Pour le directeur général de la SIC, Ahmadou Sardaouna, ce chantier s’inscrit dans une ambition plus vaste. Il constitue la première étape d’un programme global de 538 logements prévu à Garoua dans le cadre de la Vision SIC 2040. À travers cette feuille de route, l’entreprise publique entend accroître sa contribution à la politique nationale de l’habitat et améliorer l’accès des populations à des logements décents et accessibles.
L’initiative intervient dans un contexte marqué par une forte pression sur le marché immobilier. Selon plusieurs estimations sectorielles, le déficit en logements au Cameroun dépasse deux millions d’unités, alors que les besoins progressent chaque année sous l’effet de la croissance démographique et de l’urbanisation. Dans les villes secondaires à fort potentiel économique comme Garoua, l’insuffisance de l’offre formelle favorise l’extension des quartiers spontanés et accentue les difficultés d’accès à un habitat de qualité.
Carrefour commercial stratégique du septentrion camerounais, à proximité du Tchad et du Nigeria, Garoua connaît depuis plusieurs années une croissance urbaine soutenue. Dans ce contexte, le projet de Kolléré revêt une dimension économique importante. Au-delà de la création d’une nouvelle offre résidentielle, il devrait stimuler l’activité dans les secteurs du bâtiment, des matériaux de construction, du transport et des services, tout en générant des emplois directs et indirects pendant la phase des travaux.
Pour les pouvoirs publics, l’enjeu dépasse la seule construction de logements. Il s’agit également d’accompagner la transformation urbaine du pays et de réduire progressivement l’écart entre la croissance des villes et les infrastructures disponibles. À Garoua, ce programme apparaît ainsi comme un signal fort en faveur d’un développement urbain mieux structuré. Reste désormais à concrétiser cette ambition dans les délais annoncés afin de répondre aux attentes des ménages confrontés à la rareté croissante des logements modernes.



