Après un exercice 2024 en demi-teinte, la Mission d’aménagement et de gestion des zones industrielles (MAGZI) retrouve de l’élan. Les comptes 2025, approuvés par son Conseil d’administration fin juillet, font ressortir un chiffre d’affaires propre de 3,079 milliards de FCFA, soit 479 millions de plus qu’un an auparavant.
Le redressement se lit aussi dans le résultat net. La société dégage un bénéfice de 175,4 millions de FCFA en 2025. Cette amélioration repose notamment sur une gestion plus rigoureuse des recettes issues du patrimoine industriel : redevances locatives, frais de gestion et autres produits liés à l’occupation des espaces. Le renforcement du recouvrement apparaît ainsi comme l’un des principaux leviers de la reprise financière.
Cette stratégie s’est prolongée en 2026 par un ton plus ferme envers les mauvais payeurs. En mai, la MAGZI a mis en demeure 29 entreprises installées à Bassa, Bonabéri et Yaoundé de régulariser leurs arriérés locatifs. Douze sociétés étaient concernées à Bassa, sept à Bonabéri et dix dans la capitale. À défaut de règlement, la résiliation des conventions de bail était envisagée.
Il faut toutefois distinguer les performances du gestionnaire public de celles des entreprises qu’il héberge. En 2024, les opérateurs installés dans les zones industrielles avaient cumulé 6 695,8 milliards de FCFA de chiffre d’affaires. Ce montant mesure leur activité économique, tandis que les 3,079 milliards de la MAGZI correspondent à ses propres revenus.
Le redressement financier reste néanmoins confronté à un défi majeur : le financement de la viabilisation des zones. Voiries, réseaux d’eau, électricité et équipements nécessitent des ressources importantes. À Bertoua, un marché de 100 millions de FCFA a ainsi été lancé en 2026 pour construire 400 mètres de caniveaux dans la zone industrielle de Koumé-Bonis.
À cette contrainte s’ajoute la sécurisation du patrimoine foncier. Les occupations irrégulières et les empiètements réduisent les possibilités d’extension et alourdissent les charges de gestion. La MAGZI demeure ainsi un instrument central de la politique d’industrialisation du Cameroun.
Pour la direction générale, l’enjeu est désormais de transformer le rebond de 2025 en tendance durable. Renforcer le recouvrement, diversifier les financements et mieux valoriser le patrimoine devront permettre à l’entreprise de consolider ses comptes tout en améliorant les espaces proposés aux industriels. Les 3,08 milliards de FCFA constituent ainsi moins un aboutissement qu’un signal de reprise.
Anatole Bidias



