(lavoixdesentreprises.info) – Le Cameroun entre dans une nouvelle ère de production cimentière avec l’inauguration de l’usine de clinker par Cimencam. Ce projet, symbolisant l’industrialisation du pays, vise à réduire la dépendance aux importations et à satisfaire la demande locale croissante.
Le 12 juin dernier, le paysage industriel camerounais a marqué une avancée significative avec l’inauguration de la première ligne de production de clinker à Figuil, une initiative portée par les Cimenteries du Cameroun (Cimencam), filiale locale du géant Lafarge-Holcim. Cette nouvelle infrastructure a été célébrée comme un moment historique par l’Administrateur Directeur Général de Cimencam, Xavier Legrand, qui a souligné l’importance de cet investissement pour l’avenir économique du pays. La nouvelle usine, d’une capacité de production de 1 000 tonnes de clinker par jour, représente une réponse directe à la demande croissante en ciment, tout en s’inscrivant dans une stratégie de réduction des importations.
Jusqu’à présent, le Cameroun était entièrement dépendant des importations de clinker, un ingrédient fondamental dans la fabrication du ciment. Selon l’Institut national de la statistique (INS), le pays a dépensé en 2023 près de 87,7 milliards FCFA pour importer 2,4 millions de tonnes de clinker, principalement en provenance d’Algérie et de Turquie. L’inauguration de cette usine permettrait donc de réduire cette facture et de renforcer la souveraineté économique du Cameroun. Le Premier ministre Joseph Dion Ngute, présent lors de l’inauguration, a affirmé que cette réalisation témoigne d’une industrialisation en marche et d’une volonté d’autosuffisance dans le secteur.
La construction de cette ligne de production, un investissement de 60 milliards FCFA, a duré 24 mois et a été achevée en novembre 2023. Située sur un terrain de 22 hectares, l’usine est équipée d’un four capable d’atteindre 1 450 degrés Celsius, ainsi que de broyeurs et d’un concasseur de 3 000 tonnes par heure. Le hangar de stockage de clinker, d’une capacité de 21 000 tonnes, est également un point fort de cette installation. Avec une capacité de production additionnelle de 350 000 tonnes de ciment par an, l’usine vise à satisfaire les besoins des régions de l’Adamaoua, du Nord et de l’Extrême-Nord, tout en explorant des opportunités d’exportation vers d’autres pays de la sous-région.
En parallèle, Cimencam a obtenu un permis d’exploitation pour le gisement de marbre de Bidzar, qui lui permettra de produire jusqu’à 668 301 tonnes de marbre par an pendant 25 ans. Ce gisement, avec un potentiel de 16,7 millions de tonnes, représente une opportunité supplémentaire pour soutenir la production de clinker et ciment dans le pays.
Cette nouvelle dynamique autour de la production de clinker s’inscrit dans un contexte plus large de développement industriel au Cameroun. Le pays aspire à devenir un hub régional dans la production de matériaux de construction, répondant ainsi à la croissance rapide de la demande due aux projets d’infrastructure en cours. La mise en service de cette ligne de production de clinker marque une étape cruciale vers l’autosuffisance, tout en offrant des perspectives d’exportation vers des marchés voisins tels que le Tchad et la République Centrafricaine.
L’inauguration de cette usine par Cimencam illustre non seulement une avancée technique et économique pour le Cameroun, mais également un engagement vers une industrialisation durable. Le pays se dote ainsi d’un atout majeur pour sa croissance future, tout en réduisant sa dépendance aux importations et en renforçant sa position sur le marché régional du ciment.
Raphaël Mforlem



