Que mesure réellement le nouveau classement des entreprises et établissements publics camerounais ? Les deux arrêtés du ministère des Finances, signés le 13 août 2026, portent sur les performances réalisées en 2022, 2023 et 2024. Ils prennent effet au 1er janvier 2026 et seront actualisés après trois ans. Il ne s’agit donc pas d’un simple palmarès de rentabilité, mais d’un mécanisme de classification prévu par les textes.
La méthode est fixée par les décrets n°2019/321 et n°2019/322 du 19 juin 2019. Pour les entreprises publiques, le critère de référence est le chiffre d’affaires moyen réalisé sur les trois exercices. Pour les établissements publics, c’est le budget moyen exécuté sur la même période. Le passage d’une catégorie à l’autre dépend donc de cette performance moyenne. Cette classification sert notamment à déterminer la rémunération, les indemnités et les avantages des dirigeants.
Cette distinction est essentielle pour comprendre le classement. Une entreprise confrontée à des pertes ou à un endettement élevé n’est pas automatiquement rétrogradée : le dispositif ne repose pas exclusivement sur le bénéfice, la dette ou la trésorerie, mais sur le critère prévu par le décret, à savoir le chiffre d’affaires moyen. Pour les établissements publics, la référence reste le budget moyen exécuté. Ces données permettent ainsi d’apprécier la performance sur trois exercices et de positionner chaque entité dans la grille réglementaire.
Côté entreprises publiques, 34 entités sont réparties en cinq catégories. Camtel, Alucam, Socadel, le Port autonome de Douala, Sodecoton, Sonara et SNH figurent en première catégorie. Sonatrel est en deuxième ; Camair-Co, CDC, Camwater, EDC, ADC, le Port autonome de Kribi et SCDP en troisième. CNCC, Labogénie et Sopecam sont en quatrième, tandis que Magzi, SNI, Sonamines et SIC figurent notamment en cinquième.
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Pour les établissements publics, 75 entités sont classées. CNPS et FEICOM occupent la première catégorie ; ART, CSPH et Fonds routier la deuxième. AER, CCAA, CRTV, FODECC, FNE, Hôpital général de Douala et OBC sont en troisième. API, ARMP, ANOR, ANTIC, CAA, ENAM, IRAD et INS sont notamment en quatrième, les autres en cinquième. La Caisse des dépôts et consignations relève, pour la rémunération de ses dirigeants, des règles applicables au secteur bancaire.
Au final, ce classement est moins un palmarès des « meilleurs élèves » qu’un outil de pilotage de l’État. Il mesure le niveau d’activité des entreprises et la capacité budgétaire des établissements sur trois exercices, avec des effets directs sur le régime applicable à leurs dirigeants. La prochaine révision, prévue après trois ans, permettra d’observer les changements de catégorie et l’évolution des performances du secteur public camerounais.
Raphael Mforlem



