Le rapprochement entre Boissons du Cameroun et Guinness Cameroun entre dans sa phase finale. Après avoir obtenu en 2023 les autorisations des autorités nationales et communautaires de la concurrence pour le rachat de Guinness Cameroun par le groupe Castel, la filiale camerounaise du brasseur français s’apprête désormais à fusionner juridiquement avec son ancien concurrent. Un projet de fusion, déposé le 20 juillet 2026 auprès des tribunaux de première instance de Douala-Ndokoti et de Douala-Bonanjo, prévoit que Guinness Cameroun cessera définitivement d’exister comme société autonome à compter du 31 décembre 2026, date à laquelle l’ensemble de ses actifs, passifs, droits et obligations sera transféré à Boissons du Cameroun.
Sur le plan financier, l’opération se traduira par une augmentation substantielle du capital social de Boissons du Cameroun. Celui-ci passera de 57,36 milliards à 75,47 milliards de FCFA, soit une hausse de 18,11 milliards de FCFA (+31,57 %). Cette augmentation sera réalisée par l’émission de 1 811 106 actions nouvelles, d’une valeur nominale de 10 000 FCFA chacune. Ce mécanisme permettra d’intégrer dans les comptes de Boissons du Cameroun le patrimoine net de Guinness Cameroun, évalué à 271,76 milliards de FCFA, composé de 328,60 milliards de FCFA d’actifs et de 56,84 milliards de FCFA de passifs repris par la société absorbante. L’opération fera également apparaître une prime de fusion de 253,65 milliards de FCFA, correspondant à l’écart entre la valeur des actifs nets transférés et le montant de l’augmentation de capital.
Cette fusion constitue l’ultime étape d’un processus engagé en juillet 2022, lorsque le britannique Diageo avait accepté de céder Guinness Cameroun au groupe Castel dans une transaction estimée à 300 milliards de FCFA (389 millions de livres sterling). Après le feu vert accordé le 28 mars 2023 par les autorités nationales et communautaires de la concurrence, Castel a repris la production et la distribution des marques Guinness au Cameroun dans le cadre d’un accord de licence. Pour convaincre les régulateurs, le groupe français s’était également engagé à mettre en œuvre un plan d’investissement de 200 milliards de FCFA sur cinq ans, venant s’ajouter au coût de l’acquisition et portant la valeur globale du projet à près de 500 milliards de FCFA. Ce programme prévoit notamment l’installation de trois nouvelles lignes de production sur les sites de Yaoundé, Garoua et Bafoussam, l’ajout d’une capacité de production d’environ 2,1 millions d’hectolitres par an, ainsi que le renforcement des capacités de Socaver, la filiale verrière du groupe. Un an après le rachat, 45 milliards de FCFA avaient déjà été investis dans la modernisation des installations industrielles, la rénovation des équipements et l’optimisation du système d’information de Guinness Cameroun.
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Au-delà des chiffres, l’opération traduit la volonté de Castel de rationaliser son organisation au Cameroun. En regroupant l’ensemble de ses activités brassicoles sous une seule entité, le groupe entend simplifier sa gouvernance, mutualiser ses fonctions support, optimiser ses capacités industrielles et renforcer la gestion de son portefeuille de marques. Déjà leader du marché camerounais de la bière et des boissons, Boissons du Cameroun renforcera encore son poids industriel grâce à une organisation unifiée, susceptible d’améliorer les synergies opérationnelles et la compétitivité du groupe. Sous réserve de l’approbation des assemblées générales extraordinaires des deux sociétés et de l’absence d’opposition des créanciers dans les délais légaux, cette fusion marquera la disparition juridique de Guinness Cameroun et l’aboutissement de l’une des plus importantes opérations de consolidation de l’industrie brassicole camerounaise de ces dernières années.
Anatole Bidias



