À Dibamba, le financement devient le prochain jalon d’un projet appelé à redessiner les flux logistiques autour de Douala. Dibamba Douala Port Logistics Platform (DDLP), société chargée du volet logistique du partenariat entre le Port autonome de Douala (PAD) et ARISE IIP, a engagé des discussions avec AFG Bank. Son conseil d’administration a approuvé un term sheet et autorisé la poursuite des négociations avec la banque.
Le montant recherché auprès d’AFG Bank, la nature exacte du concours et ses conditions ne sont toutefois pas publics. Surtout, aucun accord de financement définitif n’est annoncé à ce stade. Les 160 milliards de FCFA correspondent à l’investissement annoncé pour l’ensemble de la plateforme logistique multimodale, et non à un montant officiellement sollicité auprès d’AFG Bank. Les discussions doivent donc encore se traduire en engagement financier formel.
Lire aussi : LOGISTIQUE : Maersk renforce son dispositif à Kribi avec un dépôt de 1 500 EVP
Le dossier a parallèlement avancé sur le plan de la gouvernance. Le conseil de DDLP a nommé Cyril Lindor directeur général, en remplacement de Rahul Mittal, démissionnaire. La décision, prise le 12 novembre 2025, a été déposée pour authentification le 4 mars 2026. Le conseil a également adopté le budget et le cadre des dépenses de la société pour 2026.
Le Port autonome de Douala a, de son côté, franchi une étape sur le volet des garanties. Lors de ses sessions des 18, 19 et 21 mai 2026, son conseil d’administration a approuvé les garanties destinées au financement du projet de zone logistique multimodale porté par DDLP. Le PAD n’a toutefois publié ni leur montant, ni leur nature, ni l’identité des prêteurs. Aucun élément public ne permet donc de rattacher formellement ces garanties aux discussions engagées avec AFG Bank.
Lire aussi : LOGISTIQUE : DHL Cameroun voit ses capitaux propres bondir de 66 % en 2025 à près de 688 millions de FCFA
Le projet s’inscrit dans un programme industrialo-portuaire plus vaste développé sur les berges de la Dibamba, à Missolè 1. La première phase prévoit une plateforme logistique multimodale de 160 milliards de FCFA, avec des capacités de stockage et des connexions routières, ferroviaires et fluviales, dont une liaison par barges vers le port de Douala. Le programme global annoncé atteint environ 230 milliards de FCFA, en intégrant une plateforme industrielle de 70 milliards.
La zone doit ainsi fonctionner comme un prolongement logistique du port de Douala et faciliter la circulation des marchandises vers l’hinterland. Le projet couvre plus de 500 hectares selon les données publiées sur son périmètre, avec 350 hectares destinés à la zone industrialo-portuaire, 100 hectares à la composante logistique et 50 hectares à une zone résidentielle. Les promoteurs présentent cette infrastructure comme un futur hub multimodal connecté aux réseaux routier, ferroviaire et fluvial.
Lire aussi : DOSSIER (6/10) | PORT DE DOUALA-BONABÉRI : Plus de 40 km de voirie pour fluidifier la chaîne logistique
L’actionnariat de DDLP a également évolué. Le conseil d’administration a pris acte d’un transfert d’actions sans révéler l’identité du cédant, de l’acquéreur ni le nombre de titres concernés. En septembre 2025, ARISE IIP avait par ailleurs annoncé l’entrée de la CNPS au capital de DDLP et de la plateforme industrielle DDIP. Le montant des participations acquises n’a pas été rendu public et les documents disponibles ne permettent pas d’établir si les deux opérations correspondent au même mouvement capitalistique.
Pour Douala, l’enjeu dépasse donc le seul financement d’une infrastructure. La plateforme doit contribuer à décongestionner la chaîne portuaire, rapprocher les capacités de stockage des grands axes de transport et créer une interface entre le port, les entreprises industrielles et l’hinterland. Les promoteurs avaient annoncé jusqu’à 15 000 emplois directs et indirects pour la première phase, mais ce chiffre demeure une projection liée au projet.
Anatole Bidias



