Le marché financier de la CEMAC perd deux intermédiaires. Réunie à Libreville sans publicité préalable, la COSUMAF a retiré les agréments d’Axiome Capital, conseiller en investissements financiers, et de Premium Capital Securities (PCS), société de bourse. Les décisions concernent aussi leurs dirigeants respectifs dans la CEMAC.
Créée à Brazzaville en 2020 avec un capital de 1 million de FCFA, Axiome Capital avait obtenu son agrément le 31 mars 2023. Mais elle n’a exercé aucune activité depuis son autorisation. Son gérant, Attendu Bogalys Mboussa Galibayi, avait informé le régulateur en avril 2025 de sa nomination au département des hydrocarbures de la présidence congolaise.
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La COSUMAF lui avait demandé de désigner un remplaçant. Malgré plusieurs relances entre juillet et octobre 2025, la société n’a pas répondu. Elle n’a pas acquitté ses redevances de 2025 et 2026, fixées à 1 million de FCFA par an, ni transmis plusieurs documents réglementaires, dont sa cartographie des risques et ses états financiers. Convoquée le 3 août, elle ne s’est pas présentée.
Le dossier de Premium Capital Securities est différent. Agréée en décembre 2021 avec un capital de 300 millions de FCFA, PCS avait fait l’objet d’une mission de contrôle du 22 au 25 juillet 2025. La COSUMAF a relevé des irrégularités touchant la gouvernance, l’actionnariat, le contrôle interne et la conformité.
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En 2024, PCS n’avait réalisé qu’une opération : 70 actions de SCG-Ré pour 1,47 million de FCFA. Plus de 95 % de son activité de conservation était concentrée sur le marché monétaire. Or le règlement général impose au moins 70 % d’activité dans les services correspondant à l’agrément. Le régulateur a aussi relevé des modifications des statuts, du siège et de l’actionnariat sans autorisation.
La COSUMAF a relevé des lacunes dans les dispositifs de contrôle et de lutte contre le blanchiment. En 2026, PCS avait changé de gouvernance, avec Anicet Edzang Mba à la direction générale et Jacques Bouity à la présidence du conseil. Ces changements n’ont pas effacé les manquements constatés.
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Ces deux décisions illustrent le renforcement de la surveillance des intermédiaires du marché financier régional. Les retraits restent susceptibles de recours. La liquidation des deux sociétés doit désormais être organisée par des liquidateurs qui restent à désigner.
Sorelle Ninguem



