Le signal vient de la Banque africaine de développement. Dans son rapport sur les perspectives économiques de l’Afrique centrale 2026, l’institution décrit une année 2025 moins dynamique pour plusieurs secteurs qui alimentent traditionnellement les économies de la CEMAC. Derrière une croissance régionale de 3,6 %, les industries extractives, le pétrole, le bois et la construction ont perdu de leur élan. Pour les entreprises opérant sur ces marchés, le ralentissement intervient alors que les besoins de financement restent élevés.
Le pétrole concentre une partie des inquiétudes. La production de brut de la région a diminué de 2,4 % en 2025. Au Cameroun, le repli atteint 8,8 %, conséquence notamment d’un ralentissement des investissements dans l’activité pétrolière. La Guinée équatoriale affiche une baisse de 6,4 %, tandis que le Gabon a enregistré un recul de 2,1 % au troisième trimestre, sur fond de déclin de certains champs. Le Congo et le Tchad ont également connu des contractions.
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Les autres ressources naturelles n’ont pas totalement compensé cette contre-performance. La production de bois s’est contractée de 5,5 % dans la plupart des pays de la région. Le gaz a également marqué le pas, notamment en Guinée équatoriale, tandis que le manganèse gabonais a connu des performances moins favorables. Au total, la croissance du secteur extractif est revenue à 8,1 % en 2025, contre 11,9 % un an auparavant.
Dans l’industrie, la pression est également perceptible. En Guinée équatoriale, l’activité industrielle s’est contractée de 7,7 % après un recul de 0,5 % en 2024. Au Gabon, elle a diminué de 0,2 %, après une progression de 2,3 %. À l’échelle régionale, la construction a perdu 5,4 points de rythme, tandis que les industries manufacturières ont cédé 0,3 point. Au Cameroun, au Congo et au Gabon, la demande en matériaux de construction a notamment souffert de l’achèvement de plusieurs chantiers antérieurement commandés.
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Autre indicateur révélateur : la progression des investissements en Afrique centrale a fortement ralenti, passant de 12,9 % en 2024 à 3,7 % en 2025. Les exportations nettes ont parallèlement reculé de 4,4 %. Pour les entreprises, cette double évolution traduit un environnement moins porteur pour l’expansion des capacités, alors même que la transformation locale des matières premières demeure un enjeu majeur pour la sous-région.
Le tableau n’est toutefois pas celui d’une rupture durable. La BAD anticipe une accélération de la croissance régionale à 3,8 % en 2026 puis à 4,1 % en 2027. La reprise des investissements dans le pétrole et le gaz, le développement minier, l’énergie et la construction devraient soutenir ce redressement. L’enjeu, pour les entreprises de la CEMAC, sera désormais de transformer cette reprise attendue en capacités productives et en investissements durables.
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Tressy Chouente



