Après plusieurs mois marqués par des prix inférieurs aux attentes, le marché camerounais du cacao retrouve des couleurs. Selon les dernières données de l’Office national du cacao et du café (ONCC), le kilogramme de fèves a franchi la barre symbolique des 2 000 FCFA le 22 juin 2026, s’établissant entre 2 000 et 2 050 FCFA selon les zones de commercialisation.
Cette progression intervient à quelques semaines seulement de la clôture théorique de la campagne cacaoyère 2025-2026, prévue le 15 juillet prochain. Elle constitue un signal encourageant pour les producteurs après une saison globalement moins rémunératrice que les deux précédentes.
Dans les principaux bassins de production du Centre, du Sud, du Littoral et du Sud-Ouest, cette remontée des prix alimente un regain d’optimisme. Les dernières ventes de la campagne pourraient ainsi bénéficier d’un contexte plus favorable, porté à la fois par la concurrence entre acheteurs et par un ajustement progressif du marché.
Le franchissement du seuil de 2 000 FCFA demeure particulièrement symbolique. Pendant une grande partie de la campagne, les prix servis aux producteurs sont restés en dessous des prévisions formulées par les autorités au lancement de la saison. Le gouvernement et les acteurs de la filière tablaient alors sur des niveaux compris entre 3 200 et 5 400 FCFA le kilogramme.
La réalité du marché s’est toutefois révélée différente. Après deux campagnes exceptionnelles marquées par une flambée historique des cours mondiaux, le marché international du cacao est progressivement entré dans une phase de normalisation. Les tensions sur l’offre observées en Côte d’Ivoire et au Ghana, principaux producteurs mondiaux, se sont atténuées tandis que plusieurs organismes spécialisés ont commencé à évoquer le retour d’un excédent mondial.
Cette évolution a mécaniquement réduit la pression haussière sur les prix. Dans le même temps, certains transformateurs et industriels du chocolat ont ralenti leurs achats face aux niveaux records observés sur les marchés internationaux au cours des deux dernières années.
Pour autant, la campagne 2025-2026 ne remet pas en cause les fondamentaux de la filière camerounaise. Le pays demeure l’un des principaux producteurs africains de cacao avec une production annuelle oscillant généralement entre 250 000 et 300 000 tonnes. Le cacao représente également l’une des principales cultures d’exportation du Cameroun et constitue une source essentielle de revenus pour plusieurs centaines de milliers de producteurs.
Si les prix actuels restent nettement inférieurs aux records enregistrés lors des campagnes 2023-2024 et 2024-2025, ils traduisent néanmoins une amélioration sensible de la tendance observée depuis le début de l’année. Pour les acteurs de la filière, cette remontée pourrait annoncer un rééquilibrage progressif du marché à l’approche de la prochaine campagne.
À court terme, les opérateurs restent attentifs à l’évolution des cours internationaux, aux perspectives de récolte en Afrique de l’Ouest et à la demande des industriels. Des facteurs qui continueront de déterminer le niveau de rémunération des producteurs camerounais au cours des prochains mois.



