Dans les couloirs du Kigali Convention Centre, investisseurs, décideurs publics et dirigeants africains multiplient les échanges autour des nouveaux moteurs de croissance du continent. Cette année, les discussions sont largement dominées par les enjeux de souveraineté économique, d’industrialisation locale et de maîtrise des chaînes logistiques africaines.
Au milieu de cette effervescence, le Port Autonome de Kribi défend une ambition claire : faire du complexe industrialo-portuaire camerounais un centre régional de transformation productive connecté aux marchés africains et internationaux. Sur les stands comme durant les panels, les responsables du PAK présentent Kribi comme un modèle capable d’associer port, industrie, énergie et services dans une même dynamique économique.
Cette stratégie repose sur des performances opérationnelles en forte progression. En 2025, le port a traité 555 398 EVP et 12,7 millions de tonnes de marchandises. L’infrastructure a généré 35,3 milliards FCFA de chiffre d’affaires et contribué à hauteur de 350 milliards FCFA de recettes douanières pour l’État du Cameroun, selon les chiffres dévoilés à Kigali.
Entré en exploitation commerciale en mars 2018, le port en eau profonde de Kribi s’est progressivement imposé comme l’un des principaux hubs logistiques du Golfe de Guinée. Ses quais à forte profondeur lui permettent d’accueillir des navires de grande capacité répondant aux standards internationaux.
Mais l’enjeu dépasse désormais le seul trafic maritime. Avec la création, le 26 février 2026, de la Kribi Port Industrial Zone, le Cameroun veut accélérer la transformation locale des ressources et attirer de nouveaux investissements industriels. Déployée sur 4 000 hectares, cette zone intégrée associera logistique, industrie, énergie et services autour d’un investissement estimé à 795 millions d’euros.
Selon les projections présentées au forum, la KPIZ pourrait générer entre 110 000 et 150 000 emplois directs et indirects. Relié au réseau national de transport et ouvert sur l’hinterland d’Afrique centrale ainsi que le Nigeria, Kribi entend ainsi devenir un levier majeur de compétitivité régionale.
À Kigali, les responsables du PAK ont surtout défendu une conviction : l’Afrique ne pourra renforcer sa souveraineté économique qu’en transformant davantage ses ressources localement et en maîtrisant ses infrastructures stratégiques. Pour le Cameroun, Kribi apparaît désormais comme l’un des instruments de cette ambition continentale.



