Le ciel s’assombrit progressivement au-dessus de plusieurs villes camerounaises. À Douala, les nuages lourds annoncent déjà les premières averses de la saison tandis qu’au Nord, la chaleur devient suffocante dès les premières heures de la matinée. Dans certains quartiers de Yaoundé, les habitants surveillent avec inquiétude les caniveaux encombrés et les zones marécageuses, habituées aux débordements pendant les fortes pluies. Cette montée des inquiétudes intervient au moment où l’Observatoire National sur les Changements Climatiques publie une nouvelle série d’alertes climatiques couvrant la période du 11 au 20 mai 2026.
Selon les prévisions de l’institution, plusieurs régions du pays pourraient être confrontées à des épisodes météorologiques particulièrement intenses au cours des prochains jours. Dans le Septentrion, l’Extrême-Nord et le Nord sont exposés à des températures exceptionnellement élevées. Les analyses annoncent des pics pouvant atteindre 43,4°C dans certaines localités de l’Extrême-Nord entre le 11 et le 17 mai, notamment hors du département du Mayo-Tsanaga. Dans la région du Nord, le thermomètre pourrait grimper jusqu’à 40,7°C dans les départements du Mayo-Louti, de la Bénoué et du nord du Mayo-Rey.
Au-delà des fortes chaleurs, les experts évoquent également des risques élevés de pluies orageuses accompagnées de vents violents dans plusieurs zones du pays. Les régions de l’Extrême-Nord, du Nord ainsi qu’une partie du Sud-Ouest pourraient être touchées par ces perturbations susceptibles d’endommager les habitations précaires, les réseaux électriques et certaines infrastructures routières.
Dans les grandes agglomérations urbaines, l’attention se concentre surtout sur les risques d’inondations. L’ONACC identifie plusieurs localités particulièrement exposées entre le 12 et le 19 mai. À Yaoundé, les quartiers Nkolbisson, Centre-ville, Nkolmesseng, Mballa III et Elig-Edzoa figurent parmi les zones à risque. À Douala, certains secteurs des arrondissements IV et V sont également placés sous surveillance. Les villes de Kribi, Akonolinga, Wum, Limbe ou encore Batibo apparaissent aussi dans les prévisions publiées par l’Observatoire.
Les glissements de terrain constituent une autre menace préoccupante. Dans les régions montagneuses du Sud-Ouest, du Nord-Ouest et de l’Ouest, plusieurs localités pourraient enregistrer des mouvements de terrain entre le 14 et le 20 mai. Wabane, Menji, Lewou, Momo, le Haut-Kam, la Menoua et les Bamboutos sont cités parmi les zones les plus vulnérables. Ces phénomènes surviennent généralement après des pluies abondantes sur des sols fragilisés par l’érosion et l’occupation anarchique des pentes.
Les populations de l’Ouest et du Nord-Ouest devront également faire face à un autre phénomène moins fréquent mais potentiellement destructeur : les chutes de grêle. Ces épisodes peuvent affecter les cultures, endommager les toitures et perturber les déplacements dans certaines zones enclavées.
Au Cameroun, les épisodes climatiques extrêmes deviennent de plus en plus récurrents. Selon plusieurs rapports environnementaux, les inondations et glissements de terrain enregistrés ces dernières années ont causé d’importants dégâts matériels et humains, notamment dans les grandes villes et les zones à forte densité démographique. Les spécialistes alertent régulièrement sur l’impact du changement climatique, aggravé par l’urbanisation désordonnée et l’insuffisance des systèmes de drainage.
Face à ces prévisions, les autorités appellent les populations à renforcer les mesures de prévention, notamment dans les zones inondables et les secteurs exposés aux mouvements de terrain. Les services météorologiques recommandent également une vigilance accrue pour les activités agricoles, les transports et la santé publique durant cette période de fortes perturbations atmosphériques.



