À Yaoundé, la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) desserre temporairement le robinet du refinancement bancaire. En deux semaines, l’institut d’émission a proposé 1 300 milliards de FCFA au marché monétaire, à travers deux adjudications : 600 milliards le 11 août, puis 700 milliards le 18 août. Les deux concours arrivent à échéance le 27 août.
Pour les banques du Cameroun, de Centrafrique, du Congo, du Gabon, de Guinée équatoriale et du Tchad, ces opérations servent à ajuster les positions de trésorerie et à soutenir l’économie. La BEAC dispose d’un dispositif d’intervention sur le marché monétaire destiné à piloter la liquidité bancaire et les conditions de financement.
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Le passage de 600 à 700 milliards en sept jours constitue le principal signal de cette séquence. Il traduit une réponse accrue à la demande de refinancement, sans suffire, à lui seul, à établir un changement durable de cap monétaire. La prochaine échéance du 27 août donnera à l’institut d’émission l’occasion de réévaluer les besoins du système.
La question des réserves de change reste centrale. Le rapport de politique monétaire de la BEAC souligne l’importance de leur consolidation durable et relève que les coûts de financement demeurent élevés dans la sous-région, limitant l’accès au crédit pour de nombreuses entreprises. En juin, la banque centrale a ramené son taux directeur de 4,75 % à 4,50 %, avec l’objectif notamment de réduire les coûts de financement et de soutenir le crédit au secteur privé.
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L’enjeu dépasse les salles de marché. Une liquidité bancaire mieux alimentée peut faciliter le crédit aux entreprises. Elle ne garantit toutefois pas une baisse automatique du coût du crédit, celui-ci dépendant aussi des taux directeurs, du risque bancaire et de la demande. Le Comité de politique monétaire doit ainsi continuer d’arbitrer entre soutien à l’activité, stabilité des prix et équilibre extérieur.
La suite permettra de mesurer la portée réelle du mouvement. Si de nouvelles adjudications importantes suivent celle du 18 août, la BEAC pourrait confirmer un accompagnement plus actif des besoins de liquidité. Dans le cas contraire, les 1 300 milliards apparaîtront comme une réponse ponctuelle aux tensions de trésorerie. Les prochaines opérations seront donc scrutées par les banques et les entreprises.
Tressy Chouente



