Charlotte Kouecheu Chekep, DG de Union Bank of Cameroon.
Dans les couloirs feutrés du site ayant accueilli l’assemblée générale des actionnaires d’Union Bank of Cameroon (UBC) à Douala, les échanges entre administrateurs, investisseurs et responsables financiers traduisaient une certaine satisfaction. Quelques années plus tôt, l’avenir de cette banque camerounaise paraissait pourtant incertain. Aujourd’hui, les indicateurs financiers affichés sur les écrans de présentation témoignent d’un redressement spectaculaire qui repositionne progressivement l’établissement dans le paysage bancaire national.
Le 6 mai 2026, les actionnaires d’UBC ont validé plusieurs décisions stratégiques majeures marquant une nouvelle étape dans la restructuration de la banque. La plus symbolique reste l’approbation d’une enveloppe de 2 milliards FCFA destinée au paiement des dividendes, conséquence directe de la forte progression des performances enregistrées au cours de l’exercice 2025.
Selon les états financiers présentés lors des travaux, le bénéfice net de la banque a atteint 5 milliards FCFA contre 3,2 milliards FCFA l’année précédente, soit une hausse de 56 %. Les dépôts collectés auprès de la clientèle ont progressé de 11,5 % pour culminer à environ 146 milliards FCFA. Dans le même temps, les crédits accordés par l’établissement ont presque doublé en un an, passant de 24 milliards à près de 48,7 milliards FCFA.
Dans la salle, les représentants des actionnaires ont particulièrement insisté sur l’amélioration de l’efficacité opérationnelle de la banque. Le coefficient d’exploitation, qui mesure le rapport entre les charges et les revenus, a été ramené à 55 %, contre 58 % un an plus tôt. Une évolution interprétée dans les milieux bancaires comme le signe d’une meilleure maîtrise des coûts et d’une rentabilité progressivement consolidée.
Cette embellie intervient dans un contexte de profonde transformation de l’établissement bancaire depuis sa reprise en main par l’État camerounais. En novembre 2021, les pouvoirs publics avaient racheté les 54 % de participation détenus par Ecobank afin d’éviter l’effondrement de la banque, fragilisée par plusieurs difficultés financières. La Cameroon Cooperative Credit Union League (CamCCUL), actionnaire historique, avait alors conservé une part importante du capital.
Depuis environ cinq ans et demi, l’établissement est dirigé par Charlotte Kouecheu Chekep, directrice générale, assistée de Clément Yuyun Banboye à la direction générale adjointe. Sous leur management, la banque a engagé une stratégie de redynamisation axée sur l’expansion commerciale, la restructuration interne et le renforcement du réseau d’agences. UBC dispose désormais de 12 points de service répartis sur le territoire camerounais.
Au-delà des résultats financiers, l’assemblée générale a également entériné une augmentation du capital social de 10 à 25 milliards FCFA. Cette opération s’inscrit dans le cadre des nouvelles exigences prudentielles imposées par la Commission bancaire de l’Afrique centrale (COBAC), qui prévoit une montée progressive du capital minimum des banques de la Cemac d’ici à 2028.
Dans le secteur bancaire camerounais, cette vague de recapitalisation s’accélère. Plusieurs établissements financiers ont récemment renforcé leurs fonds propres afin de se conformer aux nouvelles règles régionales. BGFI Bank Cameroun a notamment porté son capital à 50 milliards FCFA, tandis qu’Afriland First Bank, BICEC, CCA-Bank et AFG Bank Cameroun figurent déjà parmi les banques les mieux capitalisées du marché.
Pour de nombreux observateurs du secteur financier, les performances enregistrées par UBC traduisent désormais un changement de dimension progressif pour cette banque longtemps fragilisée. Dans un environnement bancaire marqué par une concurrence accrue et des exigences réglementaires plus strictes, l’établissement tente désormais de consolider son retour à la rentabilité tout en renforçant sa présence sur le marché camerounais.



