Sur les marchés internationaux du bois, le Cameroun enregistre en 2025 une évolution contrastée de ses exportations. D’après les données de l’Institut national de la statistique, les sciages restent le principal produit exporté, avec 762 007 tonnes expédiées pour des recettes évaluées à 157,6 milliards de FCFA. Toutefois, ces performances marquent un recul notable par rapport aux années précédentes, confirmant un ralentissement de la dynamique enclenchée depuis le début de la décennie.
Entre 2021 et 2024, les volumes de bois sciés exportés oscillaient entre 895 572 tonnes et près de 1,5 million de tonnes, générant des recettes comprises entre 170 et 212 milliards de FCFA. La baisse observée en 2025, estimée à plus de 133 000 tonnes en glissement annuel et à plus de 770 000 tonnes par rapport à 2021, traduit un fléchissement de la demande sur les principaux marchés d’exportation, notamment en Asie et en Europe.
Les exportations de grumes suivent une tendance similaire, bien que leur résilience reste notable. En 2025, elles s’établissent à 349 611 tonnes, en recul de plus de 100 000 tonnes par rapport à l’année précédente. Ce niveau constitue le plus faible enregistré sur les cinq dernières années, après des volumes compris entre 475 401 tonnes et plus de 900 000 tonnes sur la période 2021-2024.
Malgré ce recul, les grumes continuent de se maintenir sur le marché international, en dépit des politiques visant à en limiter l’exportation. Dans la perspective de l’interdiction totale des exportations de bois brut dans la zone Cemac à l’horizon 2028, le Cameroun a progressivement renforcé la fiscalité sur les grumes. Entre 2017 et 2024, le droit de sortie est ainsi passé de 17,5 % à 75 % de la valeur FOB, soit une augmentation globale d’environ 350 %.
Parallèlement, les autorités ont introduit des mesures incitatives pour encourager la transformation locale. Depuis 2023, les équipements destinés à la transformation du bois bénéficient d’exonérations fiscales, tandis que deux zones industrielles dédiées ont été annoncées dans la région de l’Est, couvrant une superficie totale de 224 hectares. L’objectif est de favoriser la montée en gamme du secteur et de capter davantage de valeur ajoutée sur le territoire national.
Les résultats de cette politique apparaissent cependant mitigés. Si les exportations de grumes ont fortement diminué sur le moyen terme, passant de 958 300 tonnes en 2021 à 349 611 tonnes en 2025, celles des sciages enregistrent également une baisse, avec 762 007 tonnes en 2025 contre 919 000 tonnes en 2021. Quant aux produits issus de transformations plus avancées, comme les placages, leur progression reste limitée, atteignant 53 511 tonnes en 2025 contre 50 803 tonnes en 2024.
Dans un contexte international marqué par la volatilité de la demande et la transition vers des chaînes de valeur plus intégrées, le secteur bois camerounais se trouve à un tournant stratégique. Entre contraintes réglementaires, pressions fiscales et nécessité d’industrialisation, l’enjeu consiste désormais à renforcer la transformation locale tout en préservant la compétitivité des exportations. Cette équation conditionnera la capacité du pays à consolider sa position sur le marché mondial du bois.



