Sur les berges du Wouri, le Port autonome de Douala engage une nouvelle phase de transformation de ses infrastructures. La signature du partenariat avec Douala Terre-Port marque une étape décisive dans la reconfiguration du terminal régional dit « quai Boscam », appelé à devenir un pôle logistique de référence dans la sous-région.
Pensé sous la forme d’un partenariat public-privé, le projet mobilise un investissement estimé à 126 milliards de FCFA, dont une première tranche de près de 90 milliards dédiée à la réhabilitation immédiate du site. À cela s’ajoutent des investissements optionnels évalués à plus de 36 milliards de FCFA, destinés notamment à l’extension des capacités portuaires. L’ambition affichée est de transformer en profondeur cet espace stratégique, en l’adaptant aux exigences du commerce maritime contemporain.
Au cœur du dispositif figure l’aménagement d’une plateforme logistique de 20 hectares, conçue pour fluidifier le traitement des marchandises et réduire les délais de transit. Le projet prévoit également, à moyen terme, la construction d’un nouveau linéaire de quai de 700 mètres, afin d’accroître les capacités d’accueil des navires et d’absorber la croissance du trafic.
Cette modernisation intervient dans un contexte de pression croissante sur les infrastructures portuaires camerounaises. Selon les données sectorielles, le port de Douala concentre encore plus de 90 % des échanges extérieurs du pays, avec un trafic annuel estimé à plus de 12 millions de tonnes. Cette centralité impose une montée en capacité et une amélioration continue des performances logistiques.
Au-delà des équipements, le projet se distingue par son impact socio-économique. Environ 500 emplois directs et indirects sont attendus durant les phases de construction et d’exploitation. Cette dynamique devrait contribuer à stimuler l’économie locale, tout en renforçant les compétences dans les métiers portuaires et logistiques.
La concession, prévue sur une durée de 30 ans, s’inscrit dans une logique de rentabilité et de durabilité, avec un taux de rendement estimé à plus de 12 %. Pour les autorités portuaires, ce montage financier illustre la volonté d’attirer des capitaux privés afin d’accélérer la modernisation des infrastructures, dans un contexte de concurrence accrue entre ports africains.
Face à des plateformes comme Abidjan ou Kribi, le port de Douala-Bonaberi cherche à consolider sa position stratégique en Afrique centrale. La transformation du quai Boscam apparaît ainsi comme un levier essentiel pour améliorer la compétitivité, sécuriser les flux et accompagner la croissance des échanges régionaux.
Ce chantier s’inscrit plus largement dans une dynamique de réforme du secteur portuaire camerounais, marquée par l’ouverture aux partenariats et l’intégration de standards internationaux. À travers cette initiative, le PAD entend franchir un cap décisif dans la modernisation de ses installations et affirmer son rôle dans la structuration des corridors logistiques en Afrique centrale.



