Brice Clotaire Oligui Nguema, President de la Republique du Gabon
À Libreville, la séquence financière engagée par les autorités marque un regain d’intérêt des marchés pour la signature du Gabon. Selon les informations communiquées par les autorités, plus de 3,3 milliards de dollars d’offres de financement ont été formulées par des institutions financières et des investisseurs, traduisant une confiance renouvelée dans la trajectoire économique du pays.
Dans ce contexte, une première opération d’un milliard de dollars a été structurée par le cabinet Algest, en partenariat avec Trafigura. Le mécanisme repose sur la valorisation de la part de pétrole revenant à l’État dans le cadre des contrats de partage de production, permettant une mobilisation rapide de liquidités sans compromettre les revenus futurs.
D’une maturité de sept ans, cette transaction se distingue par une architecture jugée prudente par les analystes. Aucune cargaison pétrolière n’a été donnée en garantie, un choix qui reflète une volonté de préserver la souveraineté sur les ressources naturelles. Ce type de montage financier, encore peu répandu dans la sous-région, illustre une évolution des stratégies de financement des États producteurs d’hydrocarbures.
Les fonds, déposés sur le Compte unique du Trésor logé à la Banque centrale, contribuent directement au renforcement des réserves en devises de la zone CEMAC, où opère la Banque des États de l’Afrique centrale. Cette injection de liquidités intervient dans un contexte où les économies de la sous-région cherchent à consolider leur stabilité externe face aux fluctuations des cours des matières premières.
Sur le plan budgétaire, les ressources mobilisées doivent financer des projets d’investissement prioritaires, répondre à des urgences sociales et optimiser la gestion de la trésorerie publique. L’objectif affiché est de soutenir la mise en œuvre du programme gouvernemental tout en améliorant les conditions de vie des populations.
Cette opération s’inscrit dans une dynamique plus large de mobilisation de ressources. En 2025 déjà, le Trésor gabonais avait levé 100 milliards de FCFA sur le marché régional sans décote, confirmant une capacité accrue à accéder à des financements compétitifs. Par ailleurs, le cabinet Algest a piloté plusieurs opérations structurantes, dont l’opération Mouélé estimée à 1 400 milliards de FCFA, incluant un apport significatif de liquidités nouvelles.
Selon des estimations proches du dossier, l’ensemble des interventions financières récentes représente un appui global de près de 2 400 milliards de FCFA en faveur du financement et du reprofilage de la dette publique. À cela s’ajoute l’appui d’acteurs internationaux, notamment Rothschild & Co, ainsi que des cabinets juridiques spécialisés, mobilisés pour sécuriser les montages.
Au-delà du cas gabonais, cette séquence illustre une tendance plus large en Afrique centrale, où les États cherchent à diversifier leurs sources de financement dans un environnement marqué par la volatilité des marchés. Elle met également en lumière le rôle croissant des partenaires privés dans la structuration de solutions financières adaptées aux contraintes budgétaires.



