La Banque africaine de développement (BAD) confirme son avance en transparence. Son portefeuille souverain obtient 98,8 points sur 100 dans l’Aid Transparency Index 2026, dévoilé le 4 novembre à Londres par Publish What You Fund. Elle devance la Banque interaméricaine de développement et l’Association internationale de développement (IDA), branche de la Banque mondiale, ex æquo avec 97,1 points. La BAD signe ainsi une troisième première place consécutive, après 2022 et 2024.
Le classement évalue 33 institutions à partir de 35 indicateurs portant sur la publication des données financières, les budgets, les caractéristiques des projets, leur suivi et leurs résultats. La note de la BAD reste stable depuis 2024, tandis que la moyenne recule de 62,7 à 62,1 points. Vingt institutions sur 33, soit 61 %, obtiennent une appréciation « bonne » ou « très bonne ».
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Cette performance s’appuie notamment sur MapAfrica, plateforme qui cartographie 6 000 projets sur plus de 18 500 sites. Le public y consulte objectifs, avancement, résultats et documents d’évaluation des opérations. La BAD affirme aussi publier chaque mois l’ensemble de son portefeuille selon les standards de l’International Aid Transparency Initiative (IATI), avec un mois au plus de décalage. Les données couvrent les opérations depuis 1967.
L’exigence de transparence prend du relief dans un contexte de contraction des ressources. Selon Publish What You Fund, l’aide publique au développement a reculé de 23,1 % en termes réels en 2025. La publication des engagements et décaissements aide les États à planifier leurs budgets et les citoyens à demander des comptes. Mais la mesure de l’impact reste le point faible du secteur : les institutions évaluées obtiennent en moyenne 7,5 points sur 20 pour les informations relatives à leurs résultats.
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Pour la BAD, cette visibilité constitue aussi un levier de confiance auprès des États emprunteurs et des investisseurs, alors que les banques multilatérales sollicitent davantage les marchés de capitaux. L’institution inscrit cette ambition dans la Nouvelle architecture financière africaine pour le développement (NAFAD), approuvée aux Assemblées annuelles de 2026 à Brazzaville. Reste à convertir la transparence des données en preuves tangibles d’impact pour les populations et les économies bénéficiaires.
Tressy Chouente



