À Kribi, les investissements portuaires ne suffisent plus. Pour accompagner l’expansion du complexe industrialo-portuaire et répondre aux besoins croissants des entreprises, le Cameroun et la Banque africaine de développement (BAD) misent désormais sur le capital humain. L’institution panafricaine consacre 5 milliards de FCFA à la construction d’un centre de formation aux métiers de la mer, l’un des projets phares du PEAC. Cette infrastructure ambitionne de faire de la cité balnéaire un pôle national de compétences au service de l’économie bleue.
Le projet s’inscrit dans un programme d’un montant global de 42,6 milliards de FCFA, financé en grande partie grâce à un prêt de la BAD de 63,09 millions d’euros, approuvé en 2023. Lancé techniquement en juin 2026, le PEAC vise à rapprocher la formation professionnelle des besoins réels de l’économie, en ciblant des secteurs à fort potentiel de création d’emplois.
À Kribi, l’objectif est clair : réduire le décalage entre la montée en puissance des infrastructures portuaires et la disponibilité d’une main-d’œuvre qualifiée. Le futur centre formera des jeunes, des femmes et des personnes en reconversion aux métiers de la navigation, de la maintenance navale, de la logistique portuaire, de la pêche, de l’aquaculture, du tourisme côtier et de la gestion des ressources marines. Les enseignements associeront formation théorique, ateliers pratiques et accompagnement vers l’emploi afin de répondre aux attentes des employeurs.
Cette montée en compétences répond à un besoin concret. Avec le développement du complexe industrialo-portuaire de Kribi, les besoins en techniciens de maintenance, logisticiens, opérateurs portuaires, conducteurs d’engins et spécialistes de la chaîne logistique ne cessent de croître. Pour les entreprises implantées autour du port, l’accès à une main-d’œuvre locale qualifiée constitue désormais un facteur déterminant de compétitivité et de performance.
Le PEAC prévoit également la création de centres de formation à Akonolinga et Kousseri, mais celui de Kribi répond à une vocation spécifique : accompagner l’essor de l’économie maritime et renforcer la valeur ajoutée créée autour de la façade atlantique camerounaise. Le calendrier des travaux et de la mise en service du centre n’a toutefois pas encore été rendu public.
Au-delà de l’infrastructure, l’enjeu sera de bâtir un véritable écosystème associant établissements de formation, entreprises, stages, alternance et recrutement local. C’est à cette condition que les 5 milliards de FCFA investis produiront leur plein effet. Pour la BAD, l’ambition dépasse la construction d’un centre : il s’agit de faire de Kribi un vivier durable des métiers de la mer, capable d’accompagner les entreprises et de soutenir la montée en puissance de l’économie bleue au Cameroun.
Fabrice Tatisson



