Poignée de main entre Mory Diané, fondateur de Scanning Systems (à gauche), et le Secrétaire exécutif de la ZLECAf, Wamkele Mene, lors de la signature du mémorandum d’entente.
À Lomé, la ZLECAF a franchi une nouvelle étape dans la concrétisation de son ambition d’intégration économique continentale. En s’associant à Scanning Systems, l’organisation panafricaine entend accélérer la transformation des frontières africaines, encore marquées par des procédures administratives fragmentées, des coûts logistiques élevés et des lenteurs structurelles qui freinent la circulation des biens.
Le partenariat porte sur le développement de postes de contrôle juxtaposés (PCJ), conçus comme des plateformes intégrées réunissant en un même espace les services douaniers, sécuritaires et administratifs. L’objectif est d’instaurer un guichet unique capable de réduire significativement les délais de transit, de renforcer la traçabilité des flux et d’optimiser la gestion des corridors commerciaux.
Acteur déjà positionné sur plusieurs axes stratégiques en Afrique de l’Ouest, Scanning Systems s’est imposé comme un opérateur spécialisé dans la conception, le financement et l’exploitation de PCJ. La société, détenue à 70 % par Tassec Investment Holding et soutenue par Africa50 à hauteur de 25 %, exploite notamment les sites de Cinkansé entre le Togo et le Burkina Faso, ainsi que celui de Laléraba reliant le Burkina Faso à la Côte d’Ivoire. Ce dernier a mobilisé plus de 13 milliards de FCFA d’investissements structurés avec un consortium bancaire régional incluant la Société Générale Côte d’Ivoire, la BNI et Ecobank.
Le groupe revendique aujourd’hui un portefeuille de douze PCJ en concession en Afrique de l’Ouest. Sa stratégie repose sur une extension progressive de son modèle, combinant infrastructures physiques, ingénierie financière et solutions numériques destinées à moderniser la gestion des flux transfrontaliers.
Depuis 2024, Scanning Systems travaille également avec la CEMAC sur des études de faisabilité pour la mise en place de quatre PCJ pilotes en Afrique centrale. La signature des conventions de concession, attendue en 2026, devrait accélérer l’extension de ce modèle dans une zone où les coûts de passage aux frontières restent particulièrement élevés et pèsent sur les échanges intrarégionaux.
Dans un contexte où les barrières non tarifaires peuvent représenter jusqu’à 30 % du coût du commerce intra-africain selon la Banque africaine de développement, les postes de contrôle juxtaposés apparaissent comme un levier structurant de la compétitivité continentale. Ils s’inscrivent dans une logique plus large de transformation des chaînes logistiques africaines.
En scellant ce partenariat, la ZLECAF confirme sa volonté de dépasser le cadre institutionnel pour s’ancrer dans des projets opérationnels à fort impact. L’ambition est de faire des corridors commerciaux des espaces fluides, intégrés et efficaces, au service d’une intégration économique africaine plus concrète et plus performante.



