À l’approche de cet événement d’envergure, une intense activité a de nouveau animé le site aéroportuaire longtemps resté à l’arrêt. Pendant plusieurs semaines, techniciens, ouvriers et équipes de sécurité se sont relayés pour redonner une fonctionnalité minimale à une infrastructure progressivement dégradée depuis sa fermeture.
Dans un contexte sécuritaire encore fragile dans le Nord-Ouest, la remise à niveau de l’aéroport constituait un défi majeur. Il s’agissait de garantir un dispositif opérationnel conforme aux exigences protocolaires liées à l’accueil du souverain pontife et des délégations officielles attendues à Bamenda.
La longue période d’inactivité avait entraîné une dégradation notable des installations. Les bâtiments présentaient des signes d’usure avancée, tandis que plusieurs équipements techniques étaient devenus obsolètes. Pour y remédier, ADC S.A. a engagé une opération structurée autour de 31 chantiers exécutés entre janvier et avril 2026.
Les interventions ont concerné l’ensemble des composantes de la plateforme. L’aérogare a été rénovée, les espaces d’accueil rafraîchis, les blocs sanitaires réhabilités et le réseau hydraulique remis en état grâce au remplacement d’équipements défectueux. Les installations électriques et les systèmes d’éclairage ont également été modernisés afin de sécuriser les opérations.
Sur la zone piste, les équipes ont procédé au nettoyage complet de la plateforme, à la reprise du balisage au sol et à l’entretien des chaussées aéronautiques. Des dispositifs de sûreté renforcés ont été déployés afin d’assurer la fluidité des mouvements et la sécurité des opérations aériennes.
Le salon VIP a été entièrement réaménagé, avec de nouveaux équipements destinés à améliorer les conditions d’accueil des personnalités officielles. Par ailleurs, du matériel d’assistance au sol a été transféré depuis d’autres aéroports du pays pour renforcer les capacités logistiques durant la période de réouverture.
Selon ADC S.A., cette opération a été entièrement financée sur fonds propres, pour un montant global de 700 millions FCFA, avec un taux d’exécution annoncé de 100 %. Une performance qui traduit la capacité de l’opérateur à réactiver rapidement des infrastructures stratégiques en contexte contraint.
À l’échelle nationale, les plateformes secondaires gérées par ADC jouent un rôle important dans la desserte territoriale, malgré un trafic souvent irrégulier lié à des contraintes économiques et sécuritaires. Dans ce contexte, la remise en service de Bamenda s’inscrit comme un signal fort de continuité territoriale.
Au-delà de l’événement religieux, cette réhabilitation relance le débat sur la nécessité de moderniser durablement les infrastructures aéroportuaires régionales au Cameroun, souvent fragilisées par leur faible exploitation, mais stratégiques dès lors que des impératifs nationaux ou internationaux l’exigent.



